PROGRAMME DE REVISIONS DU CAPES DE LETTRES

Le journal de bord du candidat au capes de Lettres modernes
 
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 Rapport explication de texte 2004

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Lisette
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MessageSujet: Rapport explication de texte 2004   Dim 11 Juin - 18:06

EXEMPLES de bonnes prestations ET CONTRE EXEMPLES


extrait du rapport de jury 2004 :

Nous prendrons maintenant deux bons exemples d’explications de cette session et deux contre-exemples:

Exemple 1 :
Montaigne, Les Essais, II, XII, Apologie de Raimond Sebond, de « Qu ‘on loge un philosophe…» à « qui est une évidente imposture de la vue. » :

Like a Star @ heaven Le projet de lecture consiste à montrer comment Montaigne donne un caractère implacable à une démonstration visant à montrer les dangers de l’imagination et la vanité de la raison.

Dans la présentation du mouvement du texte, le candidat précise que Montaigne procède par des modifications successives de la situation de départ puis donne des exemples personnels. Au cours de l’explication, qui parfois se projette en avant dans le texte pour en montrer le mouvement, le candidat s’interroge sur les raisons du choix du philosophe, identifie d’emblée l’expérience dont il est question : le vertige, relève au passage le sens de « et si »(=et pourtant ou et avec cela), l’emploi et la valeur du conditionnel « saurait », la structure binaire de telle phrase, le passage à « nous » ( « Montaigne parle cette fois du commun des mortels »), observe à la fin l’usage de la citation (« argument d’autorité ») et évoque Pascal dans la conclusion.
Donc une lecture attentive du texte, qui prend en compte sa composition, sa progression, précise sa thématique, observe la rhétorique utilisée, éclaircit la langue et témoigne d’une connaissance suffisante de l’auteur. Il a manqué à l’explication le repérage du subjonctif : « Qu’on loge un philosophe… », un possible rapprochement, dans le choix de la situation du philosophe, avec le registre de l’humour que pratique Rabelais.

Lors de l’entretien le candidat trouve la notion d’« irrévérence » et à une question sur la raison de la présence (selon le choix de l’éditeur) de deux traits obliques une fois, d’un trait oblique une autre fois, il hésite un peu mais parle ensuite des strates du texte et manifeste sa connaissance des trois éditions des Essais, est tout près même de parler de l’exemplaire de Bordeaux. ( Note attribuée : 15 )

Contre-exemple 1 :
A l’inverse dans un texte comparable, ( Pascal, Pensées, fragment 82, de « Ne diriez-vous pas que ce magistrat » à « [principes] que l’imagination des hommes a témérairement introduits en chaque lieu. »), on n’a ni repéré qu’il est question du vertige, ni vu le sens du mot « magistrat » (alors que l’on a plus haut « se gouverne »), ni étudié la variété des attaques de phrases ou de paragraphes ( « Ne diriez-vous pas », « Voyez le entrer », « Le plus grand philosophe du monde » où l’anacoluthe n’a pas été vue, « Je ne veux pas… », « Qui ne sait… »), ce qui conduit à une lecture aveugle du texte.( Note attribuée : 4 )

Exemple 2 :
Il s’agit d’un passage de L’Assommoir de Zola (Chapitre II, de « Et elle se leva » à « la boisson me fait froid ») :

Like a Star @ heaven le projet de lecture est de montrer le glissement vers l’irréel à travers des discours rapportés successifs.

Dans la phrase : « L’alambic, avec ses récipients de forme étrange, ses enroulements sans fin de tuyaux, gardait une mine sombre […] » le candidat identifie le point de vue d’un narrateur se mêlant à celui de Gervaise dans une sorte d’effroi, puis plus loin, le texte est: « Lui, aurait voulu qu’on lui soudât le bout du serpentin entre les dents, pour sentir le vitriol encore chaud l’emplir, lui descendre jusqu’aux talons, toujours, toujours, comme un petit ruisseau. », passage identifié comme du discours indirect libre, il relève une phrase longue dont les membres sont juxtaposés, allant en s’accélérant avec le rétrécissement des « propositions » , et pour finir la « métaphore » ( la comparaison plutôt), éloignée de tout réalisme : « pareil à une source lente et entêtée, qui à la longue devait envahir la salle, se répandre sur les boulevards extérieurs, inonder le trou immense de Paris ». Enfin il observe, dans les lignes qui suivent le passage, la faiblesse de la résolution finale de Gervaise : « Il n’y a pas de crainte, je ne bois jamais, puis je vous aime trop… » face à la description puissante de l’alambic et à la force de la tentation.
Ici encore on a une analyse juste qui repère les procédés principaux, dégage le sens du passage, observe l’écart avec le dernier des trois caractères de l’esthétique naturaliste, l’impersonnalité (Cf. Zola : « Gustave Flaubert » dans Le Messager de l’Europe, 1875 ). ( Note attribuée : 17 )

Contre exemple 2 :
Le passage sur le suicide de Kyo dans La Condition humaine (Sixième partie, depuis « Allongé sur le dos » jusqu’à « comme s’ils eussent été déjà des morts ») ne saurait être expliqué sans que l’on observe de très près la question du point de vue : la focalisation interne : « Il s’imagina » ( avec le sens de se figurer, se voir), le discours indirect libre (« Dès qu’on viendrait chercher le premier des leurs, il se tuerait en pleine conscience » et Il ne reverrait pas May » qui représentent les pensées de Kyo et ne sont pas des faits rapportés au conditionnel temporel, les phrases au discours direct (« Il faut maintenant qu’elle m’oublie »), autant d’éléments qui donnent une écriture au caractère manifestement très élaboré. (Note attribuée à un candidat dans l’explication duquel cela manquait : 7 )

Toute l’échelle de notation est utilisée, de 1 à 20; si la moyenne est de 8,26 pour l’ensemble des candidats et de 10,80 pour les admis, le jury n’a pas hésité à mettre plusieurs fois la note 20, à des explications sur des textes d’auteurs aussi différents que : Stendhal (Le Rouge et le Noir), La Fontaine ( « Le Cheval et le Loup »), Diderot ( Lettres à Sophie Volland ), Voltaire ( Candide), Ronsard (Les Amours), Corneille (L’Illusion comique), Heredia ( « Soir de bataille », Laforgue (Complaintes), mais pour des explications qui se sont toutes signalées par les qualités suivantes : clarté, simplicité, précision et souci du détail, finesse, sensibilité, connaissances et culture.
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