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 La magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en France

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Magali
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MessageSujet: La magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en France   Mar 10 Jan - 20:01

De quel roman fondateur est-ce l'incipit?


"PREMIERE PARTIE

La magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en France avec tant d'éclat que dans les dernières années du règne de Henri second. Ce prince était galant, bien fait et amoureux ; quoique sa passion pour Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois, eűt commencé il y avait plus de vingt ans, elle n'en était pas moins violente, et il n'en donnait pas des témoignages moins éclatants.

Comme il réussissait admirablement dans tous les exercices du corps, il en faisait une de ses plus grandes occupations. C'étaient tous les jours des parties de chasse et de paume, des ballets, des courses de bagues, ou de semblables divertissements ; les couleurs et les chiffres de madame de Valentinois paraissaient partout, et elle paraissait elle-même avec tous les ajustements que pouvait avoir mademoiselle de La Marck, sa petite-fille, qui était alors à marier.

La présence de la reine autorisait la sienne. Cette princesse était belle, quoiqu'elle eűt passé la première jeunesse ; elle aimait la grandeur, la magnificence et les plaisirs. Le roi l'avait épousée lorsqu'il était encore duc d'Orléans, et qu'il avait pour aîné le dauphin, qui mourut à Tournon, prince que sa naissance et ses grandes qualités destinaient à remplir dignement la place du roi François premier, son père.

L'humeur ambitieuse de la reine lui faisait trouver une grande douceur à régner ; il semblait qu'elle souffrît sans peine l'attachement du roi pour la duchesse de Valentinois, et elle n'en témoignait aucune jalousie ; mais elle avait une si profonde dissimulation, qu'il était difficile de juger de ses sentiments, et la politique l'obligeait d'approcher cette duchesse de sa personne, afin d'en approcher aussi le roi. Ce prince aimait le commerce des femmes, même de celles dont il n'était pas amoureux : il demeurait tous les jours chez la reine à l'heure du cercle, où tout ce qu'il y avait de plus beau et de mieux fait, de l'un et de l'autre sexe, ne manquait pas de se trouver.

Jamais cour n'a eu tant de belles personnes et d'hommes admirablement bien faits ; et il semblait que la nature eűt pris plaisir à placer ce qu'elle donne de plus beau, dans les plus grandes princesses et dans les plus grands princes. Madame Élisabeth de France, qui fut depuis reine d'Espagne, commençait à faire paraître un esprit surprenant et cette incomparable beauté qui lui a été si funeste. Marie Stuart, reine d'Écosse, qui venait d'épouser monsieur le dauphin, et qu'on appelait la reine Dauphine, était une personne parfaite pour l'esprit et pour le corps : elle avait été élevée à la cour de France, elle en avait pris toute la politesse, et elle était née avec tant de dispositions pour toutes les belles choses, que, malgré sa grande jeunesse, elle les aimait et s'y connaissait mieux que personne. La reine, sa belle-mère, et Madame, sœur du roi, aimaient aussi les vers, la comédie et la musique. Le goût que le roi François premier avait eu pour la poésie et pour les lettres régnait encore en France ; et le roi son fils aimant les exercices du corps, tous les plaisirs étaient à la cour. Mais ce qui rendait cette cour belle et majestueuse était le nombre infini de princes et de grands seigneurs d'un mérite extraordinaire. Ceux que je vais nommer étaient, en des manières différentes, l'ornement et l'admiration de leur siècle. "

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Dernière édition par le Mar 10 Jan - 20:23, édité 2 fois
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Magali
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MessageSujet: Re: La magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en France   Mar 10 Jan - 20:05

Arrow Il s'agit de l'incipit de La Princesse de Clèves de Mme de La Fayette.





Pistes d'étude possibles :
Toutefois pour le Capes, il s'agit d'appronfondir les éléments suivants.

I - Un incipit original :
a) déroge aux attendus de l’incipit : pas de présentation des personnages principaux, pas d’effet d’attente sur l’intrigue, pas d’effet prédictif
b) fixe des éléments de temps et de lieu : la Cour et introduit des personnages de second plan
c) pose un contrat de lecture hésitant roman de Cour ou roman historique ?

II - Un roman de Cour ? un roman d’amour ?
a) galanterie et intrigues amoureuses
galanterie = art de vivre qui fait partie des qualités des personnages
les rapports reine-Diane de Poitiers place ces rapports de galanterie sous l’angle de l’intrigue, les pages suivantes développent encore plus cet aspect de la galanterie
b) des portraits hyperboliques et un milieu d’exception
usage de nombreux procédés d’amplification
tableau idéalisé : les personnages ne sont pas décrits avec réalisme mais affecté de qualités abstraites et générales
redondance de termes comme " éclat, magnificence "
c) le rôle des femmes : le politique éclipsé par le cœur
évocation de 7 femmes pour 2 hommes
le rôle de Mme de Valentinois
évocation de femmes pour lesquelles la beauté et l’amour sont funestes

III- Un roman Mémoires ?
a) le contexte historique : des personnages " réels " :
les personnages présentés ont réellement existé
l’époque est clairement explicitée
b) l’instance énonciative une critique en demi-teinte :
usage de subjonctifs
antiphrases, litotes qui instillent des critiques
présence du " je " de l’auteur qui se pose comme organisateur de la galerie de portraits
c) les dangers de la Cour esquissés à travers la critique
immoralité
hypocrisie et dissimulation
orgueil

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