PROGRAMME DE REVISIONS DU CAPES DE LETTRES

Le journal de bord du candidat au capes de Lettres modernes
 
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 Rapport jury 2005

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Lisette
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MessageSujet: Rapport jury 2005   Sam 15 Oct - 15:44


ANCIEN FRANCAIS


Rapport présenté par Valérie MEOT-BOURQUIN, Valérie NAUDET,
Miren LACASSAGNE, Geneviève JOLY,
Ambroise QUEFFELEC et Marie-Madeleine CASTELLANI1

Dans la mesure où c’est désormais sur Internet que les candidats consultent les rapports des jurys de concours et qu’il est donc extrêmement facile d’avoir accès aux documents des années antérieures, la commission d’ancien français tient à rappeler tout d’abord qu’il est indispensable non seulement de parcourir mais aussi de travailler ces rapports ; en particulier, les rapports des sessions 2003, 2004 et 2005 sont à considérer comme un tout. Ne lire que l’un d’eux correspondrait à tronquer le propos du jury.

En conséquence, nous ne rappellerons ici ni le cadre de l’épreuve ni les principes de notation, exposés en 2003, pas plus que les indications bibliographiques données en 2004 ; au-delà de la stricte description technique, nous nous attacherons essentiellement, dans le but d’aider les candidats à organiser et leur préparation annuelle et leur copie de concours, à définir l’esprit du questionnaire proposé. En effet, seule une juste compréhension de l‘épreuve est à même de fonder une juste appréciation du résultat visé.

Prenant comme base de la réflexion l’examen des résultats de la session 2005, on constate que la moyenne des présents (7,25 pour le CAPES, 6,35 pour le CAFEP) est un peu supérieure à celle de la session précédente, dont on rappelle qu’elle avait été considérée comme assez satisfaisante après le piteux résultat de 2003. Le jury souhaiterait pouvoir se réjouir de façon durable de cette évolution et croire que ces exigences ont été entendues.
Les correcteurs de la session 2005 expriment ainsi leur contentement devant des copies dans
l’ensemble correctement rédigées, dans une langue à l’orthographe moins défaillante que les années précédentes. A l’évidence, il est indispensable que les futurs professeurs de Lettres, qui proposeront très vite dictées et grilles de correction à leurs élèves (rappelons que, candidat, l’on se trouve à quelques mois de sa première classe), usent sans faute de la langue française. Par là même, ils la respectent, et respectent leurs lecteurs ; ils fondent alors le respect qui leur est dû.

Une autre manière de respecter son interlocuteur, correcteur ou élève dont on a la charge, est de lui communiquer des savoirs denses, solides, afin de l’élever et de l’amener à progresser. En d’autres termes, l’épreuve de Grammaire relève d’un champ absolument opposé aux savoirs mous qu’affectionnent les médias actuels. Le verbiage, le remplissage ne sont pas de mise ici ; or, à lire certaines copies, les correcteurs se demandent à quoi correspondent des remarques d’un inintérêt absolu, notamment en syntaxe et en vocabulaire (par exemple : l’étude de vocabulaire indique que tel terme apparaît, « à trois reprises derrière le verbe faire »), des approximations si importantes qu’elles en deviennent des erreurs (le r est « apiculaire », on étudie un « paradigme » sans savoir qu’il s’agit d’un ensemble de formes…). Plus grave, la question de vocabulaire se transforme en morphologie, offrant une suite de déclinaisons, ou la morphologie en phonétique.

Ce qui se lit alors à travers ces erreurs nous paraît ne pas devoir être analysé comme un simple manque de préparation car, conscients que cette discipline peut permettre d’obtenir des points avec du travail, les candidats, souvent, ont préparé. En revanche, c’est bien un manque de rigueur indépendant du champ où il s’exerce, qui se révèle, et qui a de quoi inquiéter tout parent d’élève. Dans bien des cas, la copie d’Ancien Français met à la lumière, parce qu’effectivement on ne négocie pas avec une déclinaison ou un étymon, un rapport flou aux connaissances, que fait surgir parfois aussi à l’oral la question de grammaire posée à la suite de l’explication de texte.

1 Valérie Méot-Bourquin : coordination et composition d’ensemble. Valérie Naudet : traduction. Miren
Lacassagne : phonétique. Geneviève Joly : morphologie. Ambroise Queffélec : syntaxe. Marie-Madeleine
Castellani : vocabulaire.

Mais comment prétendre enseigner ainsi ? Que les candidats sachent que les correcteurs des copies de C.A.P.E.S. ne cherchent nullement à évaluer les travaux comme des compositions de spécialistes d’histoire de la langue ; les membres de la commission souhaitent recruter des enseignants solides, aptes à communiquer aux élèves qui leur sont confiés de véritables connaissances. La simple remémoration de sa propre expérience d’étudiant devrait permettre à tout candidat de se défier au plus haut point du brouillard des approximations, des leurres et des mots creux. Il n’est rien de plus déstructurant que les faux savoirs.

Le choix des questions posées est à envisager dans cet esprit. Chaque année le rapport énonce le fait que les candidats n’avaient pas de raison d’être surpris par l’objet des interrogations, qui visent à vérifier que les futurs professeurs de Lettres n’entrent pas dans le métier avec une vue bornée de leur langue :
Le français est une langue vivante, le français moderne est un état de langue, il y en a eu d’autres avant et il est capital d’avoir appris à reconnaître les évolutions, les mécanismes d’évolution. Prétendre enseigner le français sans une bonne connaissance de la grammaire française en général et des états successifs de cette langue paraît présomptueux.

Le jury souhaite d’ailleurs rappeler ici que le type de questionnement n’est pas figé et que, avec les mêmes objectifs, la formulation peut varier. Si une tradition a semblé reconduire des sujets formellement proches, il peut en aller autrement. D’ailleurs, selon les années, les compétences requises sont un peu différentes, certains sujets requérant plus l’esprit de synthèse, d’autres plus celui d’analyse. Le barème tient compte de ces variations.

D’autre part, le jury ne saurait trop mettre en garde contre les copies déséquilibrées : Afin de réellement montrer tout son savoir, un candidat doit faire preuve d’assez de réflexion pour traiter l’objet de chaque question en en dégageant les aspects les plus importants. Il est bien regrettable de devoir parfois supposer, derrière une copie lacunaire dont deux questions ont été traitées excellemment, un candidat sérieux et compétent, auquel on ne peut accorder qu’une note moyenne.

Une épreuve donc qui, loin d’effrayer, devrait être vécue comme rassurante tant elle est cadrée. C’est d’ailleurs ainsi que la vivent les candidats correctement préparés.

affraid affraid



I- Traduction :


Avec un programme qui s’appuyait sur un roman en prose du XIIIe siècle, peu marqué dialectalement, la Queste del saint Graal, on pouvait s’attendre à ce que l’exercice de traduction ne soit pas, cette année, un écueil trop important pour les candidats. Ce fut effectivement le cas, mais, comme d’habitude, des nuances importantes doivent être apportées : les différences sont énormes entre les candidats s’étant correctement préparés à cet exercice de précision qu’est la traduction d’un texte court et les autres.
C’est sur ce point particulier de la préparation que nous voudrions insister dans ce rapport, renvoyant les futurs candidats au rapport 2003 pour une mise au clair des attentes et des mécontentements du jury et au rapport 2004 pour une synthèse sur ce qu’est une traduction, de ses enjeux et ses contraintes.
Il paraît évident pour tous les membres du jury qu’une bonne préparation ne se limite pas aux six petits mois, entre octobre et mars, qui précédent l’épreuve. C’est une tâche qui s’étend sur plusieurs années.

Ainsi un étudiant motivé aura acquis durant son cursus de Lettres un double bagage qui lui sera très utile le jour de l’épreuve du CAPES . D’une part, une formation en littérature médiévale lui permettra de saisir les enjeux profonds du texte qui lui est proposé en le situant dans un contexte littéraire, esthétique et culturel (au XIIIe siècle, le choix de la prose pour écrire un roman du Graal n’est pas innocent ; la connaissance des procédés paratactiques sur lesquels s’appuie une chanson de geste s’avère utile à sa traduction…). D’autre part la maîtrise de la langue est indispensable, non seulement de la langue ancienne, mais aussi et surtout de la langue d’aujourd’hui. L’étudiant doit prendre la peine, sur plusieurs années, de construire un savoir en grammaire ancienne : les déclinaisons, les conjugaisons, les fondements syntaxiques de l’ancien français doivent constituer des bases solides sur lesquels, l’année du concours, viendra s’appuyer la compréhension grammaticale du texte au programme. S’il faut apprendre durant cette, trop courte, période à la fois les rudiments de l’ancien français et les caractéristiques de l’oeuvre au programme, il est clair que la traduction en pâtira : des
approximations trop nombreuses pour être fortuites grèveront irrémédiablement le devoir du candidat.

Mais n’oublions pas que la traduction est un exercice double, et qu’après avoir décodé le texte-source, il s’agit de retranscrire les informations dans la langue-cible. C’est là que l’aisance du candidat dans le maniement du français moderne s’avère indispensable. Une fois encore, ce n’est pas au dernier moment qu’il faut colmater les brèches les plus flagrantes. En revanche des années de lecture assidue, la fréquentation répétée des grands classiques autant que celle des cours de grammaire sont très profitables.

Et puis la trop brève année du concours est précédée d’un été qui doit être mis à profit. C’est durant cette période estivale que le candidat doit prendre contact avec l’oeuvre du programme. Elle sera lue, intégralement et à plusieurs reprises, en traduction pour commencer, puis progressivement en ancien français : il faut qu’au premier cours le candidat connaisse son texte sur le bout des doigts. La fréquentation exclusive du fragment au programme de langue est insuffisante : à bien des égards la tâche du traducteur se trouve grandement facilitée s’il a pris la peine de lire la totalité de l’oeuvre. Cette précaution évite en effet des confusions dommageables en permettant au candidat de replacer l’extrait qui lui est proposé dans l’économie globale du texte et d’éviter ainsi de faire de Bohort un prêtre tout en
sachant que la haute trouveure dont il était question était ce fameux Graal donnant son titre au roman.

Ce travail de préparation pourrait sembler moins urgent pour la session 2006 : en effet le texte au programme n’est pas un récit d’une seule venue, mais un ensemble de pièces lyriques et satyriques de Rutebeuf (oeuvres complètes, Lettres Gothiques, Livre de Poche, 4760, p.234-398). Toutefois la lecture globale du recueil tel que le présente la maison d’édition s’avèrera extrêmement utile pour s’imprégner du style, des idées, de la poésie de celui qui chante ses infortunes ainsi que les crises et les conflits de son temps. Et justement pour comprendre les tenants et les aboutissants de ces querelles qui ont enflammé le XIIIe siècle la lecture de l’introduction de l’édition au programme est indispensable. Peut-on
envisager de traduire un texte dont on ne cerne pas bien le contexte ?


Ce travail de préparation fourni pendant l’été aidera grandement le candidat quand l’étude détaillée du texte commencera dans le cadre de la préparation universitaire. Une question revient alors régulièrement : faut-il ‘écrire’ une traduction personnelle ? La réponse n’est pas aisée : si l’alternative consiste à apprendre par coeur une traduction disponible dans le commerce (démarche d’une malhonnêteté intellectuelle remarquable puisque le jury ne peut alors juger de la capacité du candidat à lire un texte en ancien français, ce qui est in fine le but de l’épreuve !), alors oui, il faut ‘écrire’ sa propre traduction. Mais alors il convi ent d’apporter des nuances : plutôt que de fixer et d’enregistrer des phrases toutes faites, des tournures, des transitions, ne vaudrait-il pas mieux envisager de comprendre en profondeur le texte en l’annotant de remarques grammaticales, sémantiques, culturelles… et de composer le jour du concours une traduction originale du passage extrait ?

Pour finir, nous voulons redire combien cette épreuve d’ancien français en général et celle de la traduction en particulier sont accessibles à qui veut bien faire preuve de soin et de travail et souhaiter une fréquentation belle et fructueuse de la poésie de Rutebeuf aux futurs candidats.

lol!

Proposition de traduction
« Seigneur, répondit Bohort, il ressort de votre discours, me semble-t-il, qu’il dépend de chacun d’eux d’être un compagnon de cette quête, car, sans aucun doute, je pense que personne ne doit entreprendre une mission aussi noble que celle-ci, qui est le propre service de Jésus Christ, sans s’être confessé au préalable. Celui qui y entrera sans l’être ne pourra pas, à mon avis, y trouver une issue favorable, ni être l’auteur d’une aussi noble découverte que celle-ci. » « C’est la vérité, renchérit l’homme sage. »
Bohort lui demanda alors s’il était prêtre. Il répondit que oui. « Au nom de la Sainte Charité, je vous demande alors, reprit Bohort, de me conseiller comme le père doit conseiller son fils, en tant que pécheur qui vient à confesse ; en effet, le prêtre tient la place de Jésus Christ, le père de tous les croyants. C’est pourquoi je vous supplie de me conseiller pour le salut de mon âme et la gloire de la chevalerie. » « Au nom de Dieu, répondit le prêtre, c’est une grave requête que vous m’adressez là. Si je vous faisais défaut et qu’à la suite de cela vous péchiez mortellement ou vous vous égariez, vous pourriez alors m’en accuser le jour du Jugement Dernier devant Jésus Christ lui-même. C’est pourquoi je vous conseillerai de mon mieux. » Il s’enquit ensuite de son identité. Bohort de Gaunes se nomma et précisa qu’il était le fils du roi Bohort et le cousin de monseigneur Lancelot du Lac.
En entendant cela, le prêtre répondit : « En vérité, Bohort, si la parole de l’Evangile était sauve en vous, vous devriez être un bon et saint chevalier. En effet, si, selon Notre Seigneur, « Le bon arbre donne le bon fruit », vous devez être nécessairement bon, car vous êtes le fruit du très bon arbre. »
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Lisette
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MessageSujet: Re: Rapport jury 2005   Sam 15 Oct - 17:49

II- PHONETIQUE :



La question de phonétique requiert une bonne maîtrise des phénomènes survenus tout au long de l’évolution des mots proposés, de l’étymon latin jusqu’à la forme moderne du lexème.
Il s’agit donc, dans un premier temps, de donner la quantité des voyelles latines (ou tout au moins de celle de la syllabe accentuée) et de placer l’accent tonique.
On procède, ensuite, méthodiquement, à la datation chronologique, à la transcription en signes phonétiques (l’alphabet des romanistes reçoit la faveur du jury, mais l’usage de l’alphabet phonétique international n’est pas sanctionné) et à la description détaillée de chacune des étapes du processus de transformation.
Les correcteurs attendent un exposé clair faisant place aux trois critères énoncés ci-dessus. En marge de ces indications d’ordre disciplinaire, il semble Toutefois nécessaire d’ajouter que la qualité de la présentation des copies facilite l’appréciation des connaissances du candidat ou de la candidate, ainsi que sa capacité à transmettre son savoir à ses futur(e)s élèves.

La session de juin 2005 suscite les mêmes remarques que les années précédentes : de bonnes copies reflétant une préparation très rigoureuse de la question ; des traitements approximatifs des phénomènes qui omettent la datation ; des confusions terminologiques conduisant à des conclusions erronées (le o fermé est diphtongué comme un o ouvert, etc.) ; ou une méconnaissance de la palatalisation.
Enfin, trop de candidat(e)s encore font l’impasse sur la totalité de la question.

Pourtant, la phonétique historique s’inscrit avec pertinence dans la formation des futur(e)s
enseignant(e)s de français. Ils ont tout à gagner, en effet, à comprendre la diphtongaison des voyelles toniques dans la conjugaison des temps verbaux (on pense à des verbes comme « venir » ou « tenir », dont les bases alternent au présent de l’indicatif) ou la nasalisation pour expliquer la prononciation de certains mots au féminin et au masculin (« bonne » et « bon », par exemple), entre autres choses. Ceci nous conduit à inviter les candidat(e)s à s’investir dans le traitement de cette partie de l’épreuve d’ancien français, notée sur trois points, qui repose sur un apprentissage initié dès le début de leur cursus universitaire et un effort de révision régulier.


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rationem > raison
*salváta > sauvée
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