PROGRAMME DE REVISIONS DU CAPES DE LETTRES

Le journal de bord du candidat au capes de Lettres modernes
 
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 Rapport 2006 et modifications concours 2007

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Lisette
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MessageSujet: Rapport 2006 et modifications concours 2007   Mar 5 Déc - 21:04


ANCIEN FRANÇAIS

Rapport présenté par Marie-Madeleine CASTELLANI, Christine

FERLAMPIN-ACHER, Geneviève JOLY, Miren LACASSAGNE,

Valérie MEOT-BOURQUIN2

Dans la mesure où c’est désormais sur Internet que les candidats consultent les rapports des

jurys de concours et qu’il est donc extrêmement facile d’avoir accès aux documents des

années antérieures, la commission d’ancien français tient à rappeler tout d’abord qu’il est

indispensable non seulement de parcourir mais aussi de travailler ces rapports ; en particulier,

les rapports des sessions 2004, 2005 et 2006 sont à considérer comme un tout. Ne lire que l’un

d’eux correspondrait à tronquer le propos du jury.

En conséquence, nous ne rappellerons pas ici les indications bibliographiques données en

2004, ni les conseils nés des résultats obtenus à la session 2005 ; ce dernier rapport nous

paraît devoir impérativement être lu parce que, au-delà de la stricte description technique, il

s’attache essentiellement, dans le but d’aider les candidats à organiser et leur préparation

annuelle et leur copie de concours, à définir l’esprit du questionnaire proposé. Seule une juste

compréhension de l‘épreuve est à même de fonder une juste appréciation du résultat visé.

Pour cette raison également, le rapport sur la session 2006 définit à nouveau le cadre de

l’épreuve et les grands principes de notation ; le jury tient à souligner que les commentaires et

indications qui suivent complètent pour une part ceux parus dans le rapport 2003. En effet, les

correcteurs souhaitent attirer l’attention des candidats sur de possibles modifications mineures

dans les modalités d’interrogation. A titre transitoire, pour 2007, un choix sera toutefois

proposé pour les questions dans lesquelles un changement est apporté, permettant aux

candidats, s’ils le souhaitent, de conserver les modalités antérie ures.

Arrow L’ÉPREUVE

?Like a Star @ heaven Le cadre de l’épreuve

En deux heures trente, les candidats ont à traiter cinq questions :

a) Traduction : Un passage d’une trentaine de vers – ou d’une longueur équivalente en prose –

est donné à traduire. Traditionnellement, il s’agit d’un extrait du texte proposé au concours de

l’agrégation. En 2006, l’interrogation portait donc sur les oeuvres de Rutebeuf. Pour la session

2007, le texte sera la Suite du Roman de Merlin.

b) Phonétique : Depuis longtemps, les candidats sont invités à présenter l’histoire phonétique

complète de deux mots pris dans le texte ; l’étymon est donné. L’interrogation peut également

porter sur l’étude d’une ou deux graphies, ou sur celle d’un phonème ; par là, dans la

perspective qui est celle des candidats au CAPES qui enseigneront à des élèves de collège et

de lycée, est notamment mis l’accent sur le passage de l’ancien français au français moderne,

afin d’orienter l’exposé vers l’histoire de l’orthographe. A titre d’exemple, on peut envisager

des questions du type « Commenter la graphie hoste (hostem) et comparer avec le français

moderne », ou « Etudier et comparer les e de espee (spatham).

c) Morphologie : La question comporte deux parties bien distinctes. D’une part, le candidat

est appelé à classer et étudier en synchronie un corpus d’occurrences issues de l’extrait

2 Marie -Madeleine CASTELLANI : traduction. – Christine FERLAMPIN-ACHER : phonétique. – Geneviève

JOLY : morphologie. – Miren LACASSAGNE : syntaxe. – Valérie MEOT-BOURQUIN : vocabulaire (et

composition d’ensemble du rapport).

traduit ; d’autre part, il doit mener l’étude, en diachronie depuis le latin jusqu’au français

moderne, de la formation et de l’évolution d’un paradigme courant.

Ici comme en syntaxe, on rappellera que l’éventail des questions est large. Il convient de ne

pas faire l’impasse sur certaines questions au prétexte que pendant quelques années elles n’ont

pas donné lieu à interrogation.

Dans cette perspective, les deux sous-questions de morphologie ne seront pas nécessairement

liées. Soit, comme en 2006, l’interrogation en diachronie porte sur une forme prise dans le

corpus étudié en synchronie (par exemple : étude des passés simples dans la première partie,

étude de la formation et de l’évolution de prist dans la deuxième), soit elle en est dissociée

(par exemple : étude des passés simples puis évolution d’un adverbe figurant dans le texte).

On pourra également donner à étudier en diachronie un paradigme du texte (par exemple : un

bel cheval). A nouveau, l’évaluation insistera sur le traitement du passage de l’ancien français

au français moderne, trop souvent négligé dans ce type de question.

d) Syntaxe : Si lors des dernières sessions du concours les questions de synthèse conduisant à

étudier un corpus d’occurrences ont été privilégiées, une question ponctuelle, portant sur une

tournure, un syntagme ou une phrase est envisageable. On peut alors interroger sur des

expressions, des structures à commenter dans des énoncés du type : « Faire toutes les

remarques syntaxiques sur… ».[/size]

[size=12]e) Vocabulaire : Etude de l’histoire sémantique de deux termes, rarement trois, choisis dans

l’extrait à traduire. Une importance particulière doit être donnée à l’exploitation contextuelle.

Le jury n’impose pas que les réponses suivent l’ordre du sujet ; cependant, il déconseille

fermement le traitement éclaté d’une unique question (un mot de phonétique à la suite de la

traduction, l’autre entre un peu de morphologie et un peu de vocabulaire par exemple). Cette

pratique prive en effe t le développement de toute continuité. Elle interdit en outre au candidat

de procéder par renvoi synthétique à des commentaires précédemment énoncés, ce qui

contraint à des répétitions et donc à une perte de temps.

Ainsi conçue, cette épreuve technique est fort gratifiante pour les candidats qui ont accompli

le nécessaire effort de préparation.

? Principes de notation

a) La seule question systématiquement notée par soustraction est la version : chaque erreur

commise y entraîne une sanction. En conséquence, il n’est pas facile d’obtenir ici la note

maximale, même si sont valorisées les bonnes traductions.

b) La note globale s’obtient par addition des notes partielles ; c’est dire combien il importe de

ne délaisser aucun des domaines d’interrogation, même si on a fait le choix d’en privilégier

certains.

c) La qualité de la rédaction en une langue française correcte et élégante est directement prise

en compte dans les questions de syntaxe et de vocabulaire (et à l’évidence dans l’épreuve de

version). Au-delà, parce que le professeur est le modèle des élèves et qu’en cela même il

enseigne, est sanctio nnée toute indigence dans la pratique de la langue française par un futur

enseignant de lettres. Au fil des années, cette exigence prend tout son sens.

d) Le jury attend des explications claires, sans imposer aucune théorie ni aucune école

particulière. Il se défie du verbiage, souvent supposé couvrir lacunes et manque de rigueur.

? Compte rendu de la session 2006

Dans l’ensemble, les résultats n’ont pas été bons. Le jury souhaite vivement qu’il s’agisse

d’un accident et invite les futurs candidats à tout mettre en oeuvre pour tirer avantage au

mieux de cette discipline sans surprises et sans pièges.

L’analyse des résultats paraît montrer en fait qu’un écart s’est creusé entre deux grands types

de candidats :

D’une part, une masse importante de copies – et même importante au point d’en avoir été une

surprise pour les correcteurs - ont obtenu des notes inférieures à 2 sur 20. Il s ‘agit bien sûr de

copies lacunaires mais on s’étonne que, prétendant devenir professeur de français, des

candidats s’autorisent des erreurs telles : je reçu, un hôme pris la main, il m’accueilla ou je

lui parla. L’énoncé de non-sens inquiète aussi : La trisyllabe yy devient tétrasyllabe… Que

chaque lecteur de ces lignes médite sur le rapport aux mots que révèlent ces quelques

illustrations.

Pourtant, avec un travail de préparation sérieux, les candidats peuve nt être assurés de voir

leurs efforts récompensés, ce dont témoignent, en 2006 comme lors des sessions antérieures,

des notes excellentes, supérieures à 18/20. Attribuées à des copies qui, sans être parfaites,

prouvent qu’il est possible à un futur professeur de lettres d’étudier l’évolution de sa langue

avec rigueur et élégance, dans le temps imparti le jour du concours, ces notes sont un

encouragement donné aux futurs candidats à s’engager dans une préparation suivie et

réfléchie.

_________________
N'hésitez pas à m'envoyer vos suggestions et propositions de programme par mp!


Dernière édition par Arthurverdi le Mar 26 Déc - 17:15, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Rapport 2006 et modifications concours 2007   Mar 5 Déc - 21:04

? LES COMPOSANTES DE L’ÉPREUVE

I. Traduction

Traduire un texte médiéval au programme suppose une préparation sérieuse, qui ne saurait se

limiter à apprendre par coeur une traduction toute faite du commerce. La tentation était grande

cette année à cause de la présence d’une traduction juxtalinéaire dans l’édition du texte au

programme ; il n’en s’agit pas moins d’une attitude frisant la malhonnêteté intellectuelle

puisque le but de l’exercice et le rôle du jury sont de juger de la compréhension effective du

texte médiéval et de la capacité du candidat à en proposer une traduction personnelle. La

pratique est en ce sens proche de celle de la traduction d’un texte en langue étrangère. La

différence avec ces exercices, la présence d’un programme, a précisément pour but de

permettre une prise de connaissance approfondie de la grammaire, de la syntaxe, des

tournures du texte, et même, car il s’agit d’un ensemble cohérent, en l’occurrence une partie

importante des OEuvres complètes de Rutebeuf, des intentions et du style d’un écrivain. Cette

préparation, qui fait de la traduction une étape essentielle, doit permettre d’aborder

sereinement, à partir d’un texte parfaitement compris, les questions qui suivent.

Il est donc évident que l’étude du texte doit commencer suffisamment tôt et qu’une lecture

attentive du passage au programme en grammaire – qui en relève les traits morphologiques et

syntaxiques marquants et cherche à en élucider les difficultés – doit être achevée au moment

où commence la préparation universitaire. Mais, rappelons- le, il faut aussi lire l’ensemble de

l’oeuvre. C’était vrai pour Rutebeuf, ce sera aussi vrai et peut-être plus encore lors de la

session de 2007, où les candidats retrouveront une oeuvre romanesque, la Suite Merlin ; il

faudra pouvoir situer le passage proposé, en connaître le contexte et l’on évitera ainsi des

erreurs causées par l’ignorance portant sur l’action en cours, sur l’identité ou le statut des

personnages.

La préparation suppose l’apprentissage et la connaissance d’un certain nombre de faits

fondamentaux de langue, en morphologie et en syntaxe en particulier. Il est clair que cela peut

difficilement s’acquérir en quelques mois ; mais l’année du concours est normalement

l’aboutissement d’un cursus, au cours duquel l’étudiant aura acquis des connaissances que la

préparation finale doit rafraîchir et adapter au texte au programme. La connaissance de

quelques faits de langue simple (par exemple la déclinaison à deux cas) aurait évité des

erreurs d’analyse productrices de contre-sens : ainsi mes contes (v. 72) est un Cas sujet

singulier et non un pluriel, ce que confirmait de plus la forme du verbe anuit, la désinence -t

étant (y compris en FM) une désinence de singulier. De même au v. 81, pelerins, en

apostrophe, est également un singulier ; le texte ne parlait d’ailleurs que d’un seul voyageur.

Une pratique sérieuse de la langue médiévale permettait de reconnaître dans consout le

subjonctif présent du verbe conseillier qui avait lui- même ici le sens particulier, mais bien

attesté de « venir en aide », dans vox (v. 67), la P1 du passé simple du verbe vouloir, ou

encore dans jui (v. 72), celle du passé simple du verbe gesir, et enfin dans ou (v. 74) celle du

verbe avoir, trois formes dont l’identification était par ailleurs nécessaire pour la question de

morphologie. De même on ne pouvait comprendre le texte sans identifier des structures

courantes de l’ancien français comme por suivi d’un substantif, avec une valeur concessive

(por loier ne por promesse = « quoiqu’on leur donne ou qu’on leur promette » ou « même

contre de l’argent ou des promesses » ) ou le verbe a (v. 62, FM : « il y a »), forme

unipersonnelle du verbe avoir, que certaines copies semblent n’avoir même pas vue, ce qui a

produit des structures incorrectes, privées de proposition principale.

L’une des difficultés des poèmes de Rutebeuf, difficulté que la préparation du texte abordait

inévitablement très tôt, consiste dans les graphies, en particulier celle du son [s], qui peut

s’écrire s ou c : d’où par exemple dans le passage (v. 74) sel soir = cel soir, donc « ce soirlà

». La proximité du mot pitance a conduit certains candidats à voir dans ce sel, sans aucune

considération de l’impossibilité d’y voir grammaticalement un substantif, du « sel ». La même

difficulté graphique, inverse, se présentait aux vers 78 : ce ancor vit.. et 79 : c’il est mors, le c’

était un s’, et le ce un se, c’est-à-dire le subordonnant hypothétique se = si. La logique des

deux vers était très claire ; c’est l’alternative : « s’il vit encore » ou « s’il est mort ». Dans le

même vers 79, la forme l’arme (= l’âme) lue trop vite, a donné des traductions par « s’il

pleure » ou des absurdités comme « que Dieu ait son arme ». Là encore, la simple logique

aurait dû faire comprendre que dans ce contexte chrétien, ce qu’on peut souhaiter à un mort

c’est qu’il soit sauvé et donc que « Dieu ait son âme ». On voit combien des erreurs graves

auraient pu être évitées avec un peu d’attention et de bon sens. Il faut généralement se méfier

des calques, ainsi la conservation du mot pitance signalé plus haut n’était pas vraiment un

faux-sens mais eût été rendu avantageusement par « repas » ou « chère ».

Une fréquentation régulière du texte de Rutebeuf aurait dû faire prendre conscience qu’il

procède souvent par des « rimes équivoquées », faisant rimer des mots de forme semblable

mais de sens différents : ainsi vit (77, présent de vivre) et vit (78, passé simple de voir),

formes conservées en FM. De même, aux vers 69-70, les deux formes main. La première a été

généralement reconnue comme le mot « main », du FM, ce qui n’a pas empêché des

traductions parfois bizarres du vers – que signifie pas exemple : « moi qui n’ai pas d’autre

main » ? On sait que Rutebeuf se plaint d’être borgne, mais il n’a jamais dit être manchot ! –

en revanche, le main du vers 70 n’a pas été reconnu comme venant de mane, le matin (que

nous avons cependant conservé dans demain). Lui donner le sens de « main » a conduit à de

nombreux contre-sens (« moi qui n’ai pas la main levée », ou « moi qui ne peux lever la

main », traductions que ne justifiait absolument pas le simple déroulement logique du texte).

Les vers 70-71 (je, qui n’ai pas non d’estre main/leveiz) présentaient par ailleurs une structure

sur laquelle la question de syntaxe conduisait à s’interroger, où le pronom sujet je, exprimé,

est séparé du verbe jui, en l’occurrence par une relative, structure qui n’est plus conservée en

FM que dans : « je, soussigné, déclare...». Cela donnait donc : « moi, qui n’ai pas la réputation

d’être matinal, je couchai... »

L’ordre des mots enfin est encore fréquemment dans ce texte complément-verbe-sujet (le

sujet étant parfois omis : ainsi, au vers 69 : le chemin ting a destre main, chemin est le

complément du verbe tenir (au passé simple) et le vers signifie donc : « je pris (ou je suivis)

le chemin de droite (et non, comme on a pu trouver : « le chemin me tenait de la main droite,

ce qui est un non-sens !).

Enfin, la connaissance d’un certain nombre de faits de civilisation aurait évité quelques

erreurs grossières : ainsi preudons (v. 77) ne supporte pas le calque « prud’homme », le mot

ayant changé de sens en FM, mais doit être traduit par « homme de bien » ou éventuellement

« homme de valeur ». Marié et chef de famille (la meignie du v. 83), il ne peut être ici un

« ermite », sens que prenait ce mot dans la Queste del saint Graal. Mais il reste un homme

hospitalier, un hôte (le terme se trouvait au v. 85 : mon hoste), qui accueille en son osteil

(c’est-à-dire « chez lui », dans sa maison), un hôte non payant. L’osteil n’est donc ni un

« hôtel », ni une « auberge », qui sont, elles, payantes. Enfin, le voyageur est un pèlerin. C’est

sous ce nom qu’il est désigné et cela correspond au genre même du texte : songe de voyage

initiatique, la Voie d’humilité est un texte allégorique, un « pèlerinage de la vie humaine »

comme la littérature du XIIIe siècle en voit fleurir. Ce pèlerin voyage appuyé sur son bourdon

(c’est-à-dire son « bâton ») et avec son escharpe, en fait sa « sacoche », ce qui lui sert de

« sac ». Il suit un itinéraire que le texte détaille : il a pris le chemin de droite (a destre main,

littéralement celui qui est « du côté de la main droite »), ayant renoncé à un chemin dangereux

où l’attend la gent male et felonesse du v. 63 (le mot gent désignant un pluriel collectif

comme le montrent la désinence du verbe laissent au v. 65 et la reprise par il, CS Pluriel, sujet

de puissent, au v. 66) et, en chemin, il trouve une étape, à la cité de Pénitence, où on

l’interroge sur le chemin qu’il a suivi (le chemin qu’alei avoie, v. 89). Enfin, il s’inquiète du

chemin qu’il devra suivre et craint qu’il soit aussi difficile que celui de la première étape

(jornee, v. 93, où il était bon d’éviter le calque « journée »). Le texte présentait donc une unité

et une logique dans la perspective du voyage allégorique.

Ainsi, une préparation régulière, commencée suffisamment tôt et du bon sens doivent

permettre aux candidats d’aborder sereinement le déchiffrement du texte. Reste l’autre versant

de l’exercice, le passage à ce qu’il est convenu d’appeler la « langue-cible », le français

moderne. C’est aussi l’un des enjeux de cette épreuve de langue : vérifier la maîtrise du

français moderne, essentielle à de futurs professeurs de Lettres. Or, il reste encore à déplorer

bien des fautes matérielles qui ne sont pas toutes attribuables à l’émotion et qui de toutes

façons ne sont pas excusables. Outre l’orthographe (en particulier, trop souvent négligés sont

la ponctuation et les accents), ce sont des fautes de morphologie graves produisant des

barbarismes et une syntaxe incorrecte que l’on doit déplorer et qui sont sévèrement

sanctionnées. La correction grammaticale demande de l’attention et un travail régulier, mais

c’est une exigence essentielle de l’épreuve, comme d’ailleurs de l’ensemble des épreuves du

concours. C’est le moins que l’on doive attendre de candidats aux Capes de Lettres. Il va sans

dire que le jury est toujours heureux de lire de véritables traductions qui se libèrent des

calques et des structures anciennes pour produire un texte de français moderne correct voire

élégant, qui témoigne d’un maniement aisé par le candidat de sa propre langue.

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MessageSujet: Re: Rapport 2006 et modifications concours 2007   Mar 5 Déc - 21:05

II. Phonétique

La question de phonétique portait encore, cette année, sur deux mots dont il fallait donner

l’évolution du latin au français moderne, noctem et hospitalem. Comme les années

précédentes, il s’agissait, après avoir donné la transcription du mot en latin, à l’époque du

texte et en français moderne, d’accentuer l’étymon et de donner la quantité des voyelles quand

cela était possible. Après cette première étape, sont attendues l’évolution du mot (avec des

repères chronologiques), la transcription de la prononciation supposée à chaque étape (dans

l’alphabet des romanistes ou dans l’API, même si celui-ci est peu utilisé par les manuels et les

candidats), et des exp lications concernant les divers phénomènes phonétiques en jeu.

Comme souvent, la question a été inégalement traitée. Les meilleures copies témoignaient

d’une maîtrise de la phonétique historique qui dépassait de loin la mémorisation aveugle de

dates et montrait une véritable compréhension des phénomènes. Une préparation régulière

permet d’aborder sans difficulté majeure ce type de question. On renverra les étudiants à

quelques ouvrages :

- G. Zink, Phonétique historique du français, Paris, PUF, 2ème éd, 1989

- N. Andrieux-Reix, Ancien et moyen français, exercices de phonétique, Paris, PUF, 1993

- G. Joly, Précis de phonétique historique du français, Paris, Armand Colin, 1999

- G. Joly, Fiches de phonétique Paris, Armand Colin, 1999

- M. Léonard, Exercices de phonétique historique, Paris, Nathan, 1999.

Quelques conseils :

- Ne pas oublier de noter les transcriptions phonétiques entre crochets.

- Il est nécessaire de prendre le temps d’accentuer correctement l’étymon. Une erreur

d’accentuation entraîne très souvent de graves erreurs dans l’évolution chronologique. Ne pas

oublier de donner la quantité des voyelles de l’étymon quand c’est possible.

- En ce qui concerne les datations, il faut privilégier la cohérence de la chronologie relative

(ainsi pour hospitalem, il était essentiel d’expliquer que le i devait tomber avant la

sonorisation des consonnes intervocaliques, puisque le t s’est maintenu).

- Signaler, au cours de l’évolution, le moment où est atteinte la prononciation supposée à

l’époque du texte.

- Ne pas hésiter à terminer une évolution par une ou plusieurs remarques sur les graphies, tant

médiévales que modernes, dans leur relation avec l’évolution phonétique.

- Ne pas hésiter à expliquer les phénomènes, sans se contenter de les nommer (ex : au sujet de

la fausse palatalisation dans noctem)

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