Pandore_a Administratrice

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| Sujet: Les savoirs savants sur la lecture Jeu 22 Mar - 22:41 | |
| Les savoirs savants sur la lecture
Les compétences de lecture
Depuis plusieurs années, les linguistes ont montré l’importance de l’activité du lecteur dans le processus de lecture : pour qu’un texte soit véritablement lu et compris, le lecteur doit formuler des hypothèses de lecture, même si celles-ci sont approximatives et erronées, parce que la lecture n’est pas un simple acte passif de réception, mais un processus actif de construction du sens. Pour élaborer ces hypothèses, le lecteur mobilise à la fois des compétences linguistiques et des connaissances « encyclopédiques » (idées personnelles, connaissances historiques, souvenirs, univers mental de référence partagé avec l’émetteur du texte, etc.). Toutes ces données l’amènent à formuler des hypothèses sur le sens global du texte, que le parcours de lecture confirme ou infirme. Ce sont ces compétences que toutes les pédagogies récentes tendent à développer en différentes étapes :
A. La dimension iconique du texte
Le lecteur possède la compétence de distinguer les différents types de textes à partir d’indices matériels fournis par le support (livre, journal, affiche…), par la structure du support (découpage en chapitres, titres, colonnes, majuscules). Tous ces indices peuvent être appréhendés avant même qu’on ait pris connaissance du contenu.
B. Les caractéristiques linguistiques globales
Dans une étape ultérieure, le lecteur dépasse ce premier classement pour s’approcher d’une identification plus fine, qui prend en compte d’autres caractéristiques des textes. On peut alors dégager un système fondé sur une double opposition.
• La première opposition permet de distinguer, dans l’univers du discours, – les discours qui appartiennent au système du narratif (le « monde raconté » de H. Weinrich) ; – les discours qui appartiennent au système du commentatif où l’on décrit, informe, persuade, etc. (le « monde commenté » de H. Weinrich).
• La seconde opposition s’établit par rapport à l’énonciateur et permet de distinguer : – les discours dans lesquels l’énonciateur s’engage personnellement, prend en charge ses propos ouvertement (texte autobiographique, texte polémique, lettre personnelle) ; – les discours dans lesquels l’énonciateur prend de la distance à l’égard de ses propos (roman à la 3e personne, fait-divers neutre, manuel scolaire, ouvrage scientifique).
Homogénéité des textes
Il est évident que la plupart des textes de la vie courante sont « mixtes » : ils combinent plusieurs types de discours. On s’attachera donc à faire repérer la visée dominante.
Le type informatif/explicatif
Les élèves sont constamment confrontés à ce type de texte en situation scolaire. On leur demande rarement de le produire en classe de français, mais leur vie quotidienne les met en face de dictionnaires, encyclopédies, manuels scolaires, articles de revues consultés au CDI, et le professeur de français doit s’employer à détecter les difficultés rencontrées à la compréhension de ce type de texte.
• Le type informatif est avant tout centré sur le contenu (ou référent) : l’émetteur est en possession d’un savoir qu’il va communiquer à un récepteur qui est censé ne rien savoir sur la question. Il ne s’agit pas de convaincre ou de faire agir.
• Le type explicatif représente une variante du texte informatif. Expliquer présuppose une intention particulière, qui ne se confond pas exactement avec le fait d’informer. Le type explicatif est lui aussi centré sur un savoir à transmettre, mais il se caractérise, en plus, sur la volonté de faire comprendre un problème. Il a une vocation plus « didactique », et présuppose une question, un problème posé au départ. Le texte va s’attacher à résoudre le problème par une suite d’informations hiérarchisées, et va poser une conclusion. Cependant, il ne s’agit pas, là encore, d’influencer le récepteur. On a désormais tendance à regrouper ces deux types de textes sous l’appellation commune de « type explicatif
• Le type argumentatif Dans une perspective de communication, le type argumentatif se définit tout d’abord par sa finalité, c’est-à-dire convaincre le récepteur. Bien que son contenu soit important, sa dominante est d’être centré sur le récepteur. mais cette approche est un peu rudimentaire : un texte narratif ou un texte descriptif peuvent également, dans certaines conditions, servir à convaincre leur récepteur. Il faut donc définir le texte argumentatif de manière plus précise.
• Le texte argumentatif est celui qui ferait passer d’un stade de pensée initial (thèse refusée) à un stade de pensée final (thèse proposée) au moyen d’un processus d’argumentation : c’est là définir son caractère dynamique.
• Un autre trait caractéristique du texte argumentatif consiste à lui reconnaître une structure dialogique : le texte argumentatif porte la trace d’un discours contradictoire : deux thèses s’y expriment de manière plus ou moins explicite. C’est ainsi que, au cours de la lecture méthodique d’un texte argumentatif, il est important de relever toutes les marques de l’énonciation : modalisateurs, système des pronoms personnels, concession, etc.
La fonction poétique du langage
Certains chercheurs font du texte poétique un type de discours : le type rhétorique-poétique, qui met en œuvre la fonction poétique du langage mise en évidence par Jakobson. Il est à noter d’une part que la fonction poétique du langage peut se trouver, à des degrés divers, dans d’autres types de texte, jusque et y compris les slogans publicitaires, et que d’autre part, un texte poétique peut ressortir du narratif (fable), du descriptif, de l’injonctif (odes de Ronsard), de l’argumentatif (Ballade des pendus de Villon…
Source : Manuel du prof Nathan. _________________ N'hésitez pas à m'envoyer vos suggestions et propositions de programme par mp! |
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