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L’analyse du discours : la typologie textuelle J.M Adam

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Lisette
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MessageSujet: L’analyse du discours : la typologie textuelle J.M Adam   Dim 24 Sep - 17:22

L’analyse du discours : la typologie textuelle de Jean-Michel Adam



Adam, Jean-Michel, Les textes : types et prototypes. Récit, description, argumentation, explication et dialogue.

Source : ADAM, Jean-Michel. Les textes : types et prototypes. Récit, description, argumentation, explication et dialogue, Paris : Nathan, 1992. p.223 (Nathan Université, Série Linguistique). ISBN : 2-09-191167-4.


Dans cet ouvrage, Jean-Michel Adam détermine et définit cinq typologies textuelles, ou plutôt cinq types de séquences textuelles que sont : le récit, la description, l’argumentation, l’explication et le dialogue.



1. Le prototype de la séquence narrative : le récit

Jean-Michel Adam détermine ainsi six critères pour une définition du récit :
- une succession d’événements;
- une unité thématique, avec au moins un acteur-sujet anthropomorphe ;
- des prédicats transformés, entre un avant et un après procès ;
- un procès, avec une situation initiale (un avant), une transformation (agie ou subie) et une situation finale (un après) ;
- la causalité narrative d’une mise en intrigue, avec une logique narrative faisant en sorte que ce qui se produit apparaît comme ayant été causé par ce qui précède ;
- une évaluation finale (explicite ou implicite).
En ce qui concerne la pragmatique du récit, Jean-Michel Adam rappelle qu’il faut penser le récit comme étant le produit d’une construction textuelle (plan de la structure séquentielle) et d’une orientation pragmatique (plan de l’interaction langagière).
En somme, parler de " séquence narrative " revient ainsi pour l’auteur à asserter des "énoncés de faire", que l’on trouve notamment dans le roman, le conte, la nouvelle, le récit historique, la parabole, le reportage, le récit politique, le cinéma, la bande dessinée, le fait divers, les publicités narratives, les histoires drôles, le récit oral, les dépositions de témoins, les procès-verbaux d’accidents, etc..



2. Le prototype de la séquence descriptive : la description

Ce prototype repose sur quatre procédures descriptives (macro-opérations) :
- la procédure d’ancrage (ancrage, affectation et reformulation) : par l’opération d’ancrage, la séquence descriptive indique, par l’intermédiaire d’un thème-titre :
- de qui ou de quoi il va être question, en début de séquence (ancrage proprement dit) ;
- de qui ou de quoi il vient d’être question, en fin de séquence (affectation) ;
- ou bien la combinaison des deux procédures, avec la reprise modifiée du thème-titre initial (reformulation).
- la procédure d’aspectualisation : " l’opération d’ancrage est responsable de la mise en évidence d’un tout et l’opération d’aspectualisation du découpage en parties " (p.89).
- la procédure de mise en relation : cette procédure descriptive correspond à une opération d’assimilation qui peut être soit comparative, soit métaphysique.
- la procédure d’enchâssement par sous-thématisation : "Cette opération d’enchâssement d’une séquence dans une autre est à la source de l’expansion descriptive." (p.93).
L’énumération représente le degré zéro de la séquence descriptive.
En somme, pour Jean-Michel Adam, parler de séquence descriptive revient donc à asserter des "énoncés d’état", qui se manifestent dans la littérature (roman, conte, nouvelle), le dictionnaire, le guide touristique, la grille de mots croisés, l’inventaire, la publicité, etc..



3. Le prototype de la séquence argumentative : l’argumentation

Un schéma type est à la base de la séquence argumentative. Pour reprendre ici les propos de l’auteur, "en résumé, le schéma de base de l’argumentation est une mise en relation de données avec une conclusion. Cette mise en relation peut être implicitement ou explicitement fondée (garant et support) ou contrariée (réfutation ou exception). Si la donnée est l’élément le plus souvent explicite, le support est très souvent implicite et les autres composantes se situent entre ces deux pôles d’implicitation et d’explication." (p.106). L’induction, le syllogisme et l’enthymème (syllogisme abrégé du type de celui de Descartes : "Je pense, donc je suis"), constituent le degré zéro de la séquence argumentative. Dans l’analyse du prototype de la séquence argumentative, Jean-Michel Adam en vient ensuite à "admettre l’idée d’un mode particulier de composition liant des propositions selon un ordre progressif, […] ou selon un mode régressif […]. Dans l’ordre progressif […], l’énoncé linguistique est parallèle au mouvement du raisonnement […]. Dans l’ordre régressif […], la linéarité de l’énoncé linguistique est l’inverse de mouvement. Tandis que l’ordre progressif vise à conclure, l’ordre régressif est plutôt celui de la preuve et de l’explication." (p.115). En somme, la séquence argumentative est un acte de discours visant à convaincre, persuader, faire croire, démontrer ou réfuter une thèse.



4. Le prototype de la séquence explicative : l’explication

Pour sa part, le prototype de la séquence explicative se fonde sur l’articulation et la combinaison entre un premier opérateur [pourquoi] et un second opérateur [parce que], ce qui correspond logiquement au schéma suivant : Structure de la séquence explicative = Phase de questionnement + Phase résolutive + Phase conclusive.
Ainsi, selon Jean-Michel Adam, un premier opérateur [pourquoi] introduit une première macro-proposition, le second [parce que] introduit une deuxième macro-proposition, et on trouve aussi généralement […]" une troisième macro-proposition qui peut être soit déplacée en tête de séquence, soit être effacée (effet d’ellipse) et l’ensemble […] est souvent précédé par une description qui correspond à une schématisation initiale destinée à amener l’objet problématique que thématise la macro-proposition" (p.132).
En outre, d’un point de vue pragmatique, le recours à la forme séquentielle explicative revêt de fait une visée pragmatique : comme le souligne fort justement Jean-Michel Adam," se donner pour celui qui n’évalue pas ce dont il parle, mais qui en déploie en toute objectivité l’intelligence, tel est bien le sens de toute stratégie explicative." (p.134).
En somme, la séquence explicative est un acte de discours visant à expliquer quelque chose, donner des informations à propos de quelque chose, et faire comprendre quelque chose à quelqu’un, que l’on trouve dans le discours didactique, le discours scientifique, le discours politique, la justification, le compte-rendu, etc..


5. Le prototype de la séquence dialogale : le dialogue

Jean-Michel Adam nomme ainsi dialogue "aussi bien le produit textuel des interactions sociales que les échanges des personnages d’un texte de fiction (pièce de théâtre, nouvelle ou roman)." (p.149).
Il convient en outre de distinguer dialogue écrit et dialogue oral : en effet, "de façon plus générale et d’un point de vue plus textuel, alors que […] le dialogue oral se présente plutôt comme une structure complète et hiérarchisée d’échanges constitués de répliques qui s’enchaînent selon des modes spécifiques d’organisation, le dialogue écrit obéit à la tendance inverse en étant le plus souvent fragmentaire" (p.151), comme c’est souvent le cas dans la littérature romanesque.
Pour ce qui est de la structure de la séquence dialogale en tant que telle, celle-ci repose sur une macro-unité, le texte dialogal, appelée aussi " interaction", " incursion", "événement de communication" ou encore "rencontre". "Le texte dialogal peut être défini comme une structure hiérarchisée de séquences appelées généralement "échanges" ". (p.154).
"Pour passer de la séquence – unité constitutive du texte dialogal défini comme la plus grande unité dialogale – à l’unité qui la constitue, il faut d’abord définir l’échange comme la plus petite unité dialogale. […] C’est ainsi que ce constitue, de façon minimale, l’unité dialogale de base appelée Echange. On se rend compte qu’un échange est une suite d’interventions […]. On voit l’utilité de la distinction entre une unité appelée séquence – constitutive du texte dialogal et constituée d’échanges – et une unité appelée échange. […] On dira donc qu’un échange (unité constitutive de la séquence) est constitué de clauses." (p.156-158).
La séquence dialogale se manifeste essentiellement dans le dialogue théâtral ou romanesque, l’interview, l’entretien, la conversation téléphonique, le débat, l’interaction orale, etc..


Mr. Green fiche de lecture complète vers :

http://jeunet.univ-lille3.fr/livre-sic/fiches_lecture/adam_txt.pdf


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