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L'orthographe : Nina Catach

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Pandore_a
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MessageSujet: L'orthographe : Nina Catach   Lun 30 Avr - 22:54

LE SYSTÈME GRAPHIQUE FRANÇAIS (description moderne)



Il ne s'agit pas seulement de regrouper certains aspects ; c'est aussi une autre façon d'analyser, selon un point de vue exclusivement contemporain, moderne, synchronique, qui distingue trois types d'éléments écrits, définis par Nina Catach : les phonogrammes, les morphogrammes, et les logogrammes. Dans ces appellations apparemment compliquées, on retrouve la terminaison -gramme, qui signifie « signe écrit » ( et non unité de poids !) comme dans idéogramme, digramme, trigramme.




Il faut auparavant définir une autre notion : le graphème, que nous opposerons au phonème.

*Un phonème est la plus petite unité de son, en phonétique, ou en phonologie. Le français standard comporte, en phonologie, 36 phonèmes : 16 voyelles (12 orales, 4 nasales), 17 consonnes, et 3 semi-consonnes. Rappelons que l'alphabet ne compte que 26 lettres.

*Un graphème est la plus petite unité visuelle distinctive : une unité écrite, pourvue de valeur ; une valeur qui peut être phonologique ou autre ; le graphème est donc une unité polyvalente.

*Le graphème ne correspond pas forcément à une lettre. Il peut s'agir d'abord d'une ou de plusieurs lettres, correspondant à un son : o / au / eau ; an, on, un, in / ein / ain... (ceci concerne donc toutes les lettres qui se prononcent, même si elles peuvent avoir des réalisations différentes ; ex : en dans enfler, ou dans examen).

*Il peut s'agir aussi d'une lettre qui ne se prononce pas, mais qui est là parce qu'elle joue un rôle : une lettre muette, ou généralement muette peut avoir un rôle morphosyntaxique (terminaison de verbe ou de pluriel), un rôle lexical (rapport avec la famille) ou un rôle distinctif, discriminatoire (distinction des homophones).


Exemples :

• Un mot comme trot (ou prix) comporte 3 phonèmes, et 4 graphèmes : les 3 premières lettres se prononcent, et la dernière est un reste d'histoire, elle relie aussi le nom à sa famille, et elle distingue enfin trot de trop (ou prix / pris).

• Eau comporte 1 phonème et 1 graphème.



1) les phonogrammes

Nous retrouvons la première catégorie du classement précédent : un phonogramme est un graphème qui correspond à une prononciation.
• Sans trop entrer dans le détail, donnons quand même quelques résultats statistiques. Le français écrit compte 130 graphèmes phonologiques ; or, 45 graphèmes de base couvrent les besoins fondamentaux de la transcription du français (le reste constitue donc des cas isolés) ; et même 33 graphèmes représentent un noyau graphique idéal, c'est-à-dire couvrent entre 80% et 90% des besoins (moins que de phonèmes, car o, eu, ont 2 prononciations, etc.).
• Par exemple : le son [O] est quand même en grande partie transcrit par la lettre O ; le son [m] est toujours transcrit par un M. A l'inverse, il y a plus de 50 graphèmes qui jouent un rôle vraiment infime, comme aon, yn, aoû...
• La langue française est donc en grande partie phonologique. On peut dire que le mécanisme du passage du graphème au phonème fonctionne bien, dans le sens de la lecture : un mauvais élève qui lit un texte fait peu d'erreurs de prononciation ; de temps en temps, il tombe sur un mot qui ne suit pas les règles phonologiques de base, un mot qui est un peu rare pour lui, qui ne lit jamais un livre, et il se trompe sur la prononciation : écho / thym, par exemple. Par contre, les difficultés apparaîtront dans l'autre sens, quand il faudra passer de l'oral à l'écrit.



2) Les morphogrammes

Ce terme fait référence à la morphologie, c'est-à-dire à la forme ou aux variations de forme des mots. Nous allons comme Nina Catach les diviser en deux, et retrouver des caractères signalés par Grevisse :
- a) les morphogrammes grammaticaux
Ce sont toutes les désinences, c'est-à-dire toutes les terminaisons qui correspondent à la catégorie grammaticale : un mot uniquement variable en nombre est un nom ; en nombre et genre, c'est un adjectif (pour les déterminants et les pronoms, c'est un peu plus complexe) ; et en conjugaison (mode, temps, personne), c'est un verbe. Ces désinences confèrent aux mots une identité grammaticale, elles servent à prouver la nature grammaticale du mot.
Ex. : on a cheval / chevaux, mais pas chevale / chevales : ce mot n'est donc pas un adjectif, mais un nom (le verbe chevaler existe : chevaler un mur = soutenir, étayer).
- b) les morphogrammes lexicaux
Ce sont des indicateurs de séries lexicales : des marques, le plus souvent finales, qui relient un mot (radical) à ses dérivés, comme le d final de tard, toujours muet, qu'on retrouve dans tarder, tardif... (si la lettre finale n'est pas muette, c'est un phonogramme, comme dans klaxon). Ou le t de port (portuaire), le c de porc (porcin, porcidé), etc.
Le fonctionnement de ces marques dérivatives est moins systématique que celui des marques grammaticales, car celles-ci ont été uniformisées artificiellement, alors que l'orthographe lexicale des mots est surtout le fruit de l'histoire de la langue.
> Le rôle des morphogrammes en général est de conférer aux mots leur identité, grammaticale ou lexicale. Ils jouent donc un rôle important dans la langue, ils lui donnent une certaine image, une certaine vie.



3) Les logogrammes

Enfin, il existe certaines graphies, d'origine souvent historique, jouant un rôle particulier qui les rapproche (pas complètement) du système des idéogrammes : la graphie ne fait qu'un avec le mot, et lui donne une image globale qui le fait reconnaître spontanément, par mémoire visuelle, sans qu'on passe son temps à déchiffrer, une lettre à la fois, pour savoir comment le mot peut bien se prononcer. Qui penserait par exemple à prononcer toutes les lettres de temps ? Ce mot se reconnaît d'un coup d'oeil, et on sait ce qu'il signifie. Ce mot est un logogramme. On procède de même avec un idéogramme, à part que le lien avec la prononciation subsiste toujours en français. Le son est transcrit, mais on transcrit plus que le son. La lettre muette finale (ou les deux finales, dans certains mots comme temps) fait donc entrer le mot dans la catégorie des logogrammes
La méthode globale d'apprentissage de la lecture fonctionne ainsi ; mais elle a le tort de se couper de l'aspect phonologique qui est quand même l'essentiel de la langue, quand on l'utilise seule. Et elle ne convient pas aux élèves qui ont peu de mémoire visuelle.

Ce système concerne essentiellement les homophones, dont il permet donc la distinction (cf. l'aspect distinctif chez Grevisse). On en compte environ 2000 en français, la plupart étant des mots monosyllabiques, qui sont, on le voit, assez nombreux, car très courants (le vocabulaire de base de n'importe quel Français non cultivé est de 5000 mots). Étant courants, ils posent en fait peu de problèmes de reconnaissance pour un lecteur correct. La moyenne du mot français, pris dans le discours, dans des statistiques d'utilisation, est seulement de 4 lettres... (penser à tous les mots qu'on appelle des mots-outils : à, de...). On comprend donc la nécessité d'étoffer les mots, pour leur donner une physionomie. Ainsi, le à se reconnaît d'un coup d'oeil, en principe, comme préposition.





> On pourra remarquer que c'est un système qui est en soi peu rentable, et qui revient fort cher. En effet, le nombre des possibilités est limité, et on imagine mal que tous les mots de la langue puissent avoir leur orthographe particulière, valable pour eux seuls (on serait alors dans le système idéographique, l'aspect phonologique disparaîtrait). Heureusement, nous l'avons dit, ces mots sont relativement peu nombreux, et ce sont les plus courants ; la mémoire parvient donc à les retenir sans peine, en principe.





> Références : ouvrages de Nina Catach : L'orthographe, Que sais-je? n° 685 ; L'orthographe Française, Nathan, collection Fac. Linguistique.
http://bbouillon.free.fr/univ/ling/Fichiers/ortho.htm
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MessageSujet: Re: L'orthographe : Nina Catach   Lun 30 Avr - 22:59

Grille typographique des erreurs d’orthographe


Dans son ouvrage de référence intitulé L’orthographe française (Nathan Université 1980), NINA CATACH analyse le fonctionnement du système orthographique du français, et pour analyser des erreurs, elle propose le classement suivant :

(suivre le lien)


=> http://www.gdml74.edres74.ac-grenoble.fr/gdml/spip.php?article14


cheese
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MessageSujet: Re: L'orthographe : Nina Catach   Lun 30 Avr - 23:04

Pour aller plus loin :


http://www.ecoledeslettres.fr/pdf/enseigner.pdf

http://s.huet.free.fr/paideia/textoff/orthaby.htm
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MessageSujet: Re: L'orthographe : Nina Catach   Ven 28 Mar - 17:29

Un autre lien que l'on peut suivre :

Arrow http://crpe.free.fr/nina%20catach.htm
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L'orthographe : Nina Catach

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