Lisette Administratrice


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| Sujet: Émile Benveniste, la typologie énonciative Dim 24 Sep - 17:15 | |
| Didactique
L’analyse du discours : la typologie énonciative d’Émile Benveniste
Biographie et résumé du livre :
http://ctlf.ens-lsh.fr/notices/n_fiche.asp?num=255
Sources : BENVENISTE, Émile. Problèmes de linguistique générale. Tome 1. Paris : Gallimard, 1996. 351 p. BENVENISTE, Émile. Problèmes de linguistique générale. Tome 2. Paris : Gallimard, 1992. 286 p.
En 1966, Émile Benveniste a distingué dans les Problèmes de linguistique générale, deux systèmes d'énonciation dans la production linguistique. Ces deux systèmes se situent sur deux plans : l'histoire et le discours. A partir de plusieurs exemples de textes historiques et littéraires, il va donc distinguer deux régimes d’énonciation : l’énonciation historique et l’énonciation personnelle. L’énonciation est l’acte de produire un énoncé. C’est un processus de production linguistique. L’énoncé est le produit d'un acte de parole, d'écriture dans un contexte donné.
1. L’énoncé historique ou récit Le récit des événements passés constitue l’histoire. L'énoncé historique se caractérise par le fait qu’il ne subsiste aucune trace du processus d’énonciation qui l’a produit. L’énonciation historique ou récit se caractérise par l’effacement du sujet qui énonce, qui parle. Comme le souligne Benveniste, " les événements semblent se raconter d’eux-mêmes " : "Après un tour de galerie, le jeune homme regarda tour à tour le ciel et sa montre, fit un geste d’impatience, entra dans un bureau de tabac, y alluma un cigare, se posa devant une glace, et jeta un regard sur son costume, un peu plus riche que ne le permettent en France les lois du goût. Il rajusta son col et son gilet de velours noir sur lequel se croisait plusieurs fois une de ces grosses chaînes d’or fabriquées à Gênes; puis, après avoir jeté par un seul mouvement sur son épaule gauche son manteau doublé de velours en le drapant avec élégance, il reprit sa promenade sans se laisser distraire par les oeillades bourgeoises qu’il recevait." Balzac, Gambara. Les indices formels de l'énoncé historique ou récit sont la troisième personne et des adverbes comme " là " ou des compléments circonstanciels de temps comme " ce jour-là ", " la veille ", " le lendemain ".... Le système temporel privilégié est le passé simple, l’imparfait, le plus-que-parfait et le passé antérieur. Cependant, dans l’exemple ci-dessus, on peut observer comme Benveniste que le narrateur introduit un bref commentaire dans ce récit littéraire : le discours du narrateur apparaît dans le texte à travers des expressions comme "un peu plus riche que ne le permettent en France les lois du goût" ou " une de ces grosses chaînes d'or fabriquées à Gênes ". Elles soulignent le jugement porté par le narrateur sur ce personnage. Cette attitude du narrateur vis-à-vis de son énoncé s’appelle la modalisation. Le verbe " permettent " au présent de l'indicatif et les déictiques signalent cette intrusion du narrateur. Benveniste constate que l'on passe du récit au discours instantanément : l'historien peut aussi introduire dans son récit historique les paroles d'un personnage ou un jugement, un commentaire sur les faits rapportés.
.2. L’énoncé personnel ou discours Le discours est un énoncé, écrit ou parlé, supposant un émetteur et un récepteur (locuteur / auditeur). Le plus souvent, dans le discours, l’émetteur a l'intention d'agir sur le récepteur. L’énoncé personnel ou discours se caractérise par la présence manifeste de l’émetteur et du récepteur. Les indices formels de l’énoncé personnel ou discours sont la première et la deuxième personne : moi, tu, je… Tous les temps peuvent être utilisés à l’exception du passé simple mais le discours se caractérise surtout par le présent, du futur, du passé composé. Les adverbes et compléments circonstanciels de temps dits relatifs (car ils dépendent justement de la situation d’énonciation et non aucun sens en dehors de celle-ci) : " aujourd'hui ", " hier ", " demain "... ou " ici ". Les derniers indices formels sont des termes évaluatifs ou modalisant qui sont autant d’indices de subjectivité : " peut-être ", " sans doute ". Dans un récit littéraire, on trouve aussi du discours quand les personnages parlent, par exemple (on trouve alors les guillemets ou les tirets pour signaler ce changement) ou, comme nous l’avons souligné précédemment, quand le narrateur commente son énoncé.
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