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Pandore_a Administratrice

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| Sujet: L'argumentation Jeu 1 Mar - 21:54 | |
| Les bases de l’argumentation
On ne parle pas toujours directement. Certains vont même jusqu’à dire qu’on ne parle jamais directement ; que « Il fait chaud ici » ne signifie jamais qu’il fait chaud ici mais, c’est selon, « Ouvre la fenêtre », « Ferme le radiateur », « Est-ce que je peux tomber la veste ? », « Il fait frais ailleurs », « Je n’ai rien de plus intéressant à dire », etc.
C. Kerbrat-Orecchioni, L’Implicite, 1986.
=> L’argumentation suppose le langage, un émetteur et un récepteur, mais, vous le voyez, parler et communiquer ne sont pas des actes si simples que cela puisque l’énoncé qui semble le plus anodin du monde, le constat du temps qu’il fait, peut donner lieu à des interprétations si diverses. Qu’en sera-t-il alors de l’argumentation ? On ne peut donc se contenter de définir l’argumentation par l’exposition du déroulement du schéma argumentatif et de l’étude d’une stratégie argumentative. Il faut rappeler d’abord quelques données.
■ Le schéma de la communication et les fonctions du langage
l Le schéma de la communication permet de prendre en compte les six instances en oeuvre dans toute communication. À partir du schéma de la communication, on attribue (depuis les analyses du linguiste Jakobson) six fonctions au langage selon que l’accent est mis sur telle ou telle instance. Quand l’accent est mis sur le récepteur, on parle de fonction conative. L’argumentation relève principalement de cette fonction puisqu’il s’agit de tout mettre en oeuvre pour agir sur le destinataire et l’amener à se ranger à la thèse de l’émetteur, c’est-à-dire de l’argumentateur. La réussite d’une argumentation se jugera à l’adhésion du destinataire.
Le destinataire peut être présent et participer à l’argumentation : c’est le cas du dialogue. L’argumentation peut lui être destinée sans qu’il puisse interagir. C’est le cas du discours et de tout texte qui prend en compte explicitement un récepteur clairement identifi é (apostrophes, impératifs, pronoms personnels de seconde personne…), ou plus vaguement (utilisation du pronom indéfi ni « on » à valeur inclusive, et du pronom « nous »). Le destinataire est alors le lecteur. Mais il est parfois absent : c’est le cas des dissertations, par exemple.
■ Polyphonie et dialogisme
l Une argumentation fait toujours entendre plusieurs voix (polyphonie). En effet, même quand il y a absence totale des marques d’un destinataire, on peut dire que l’argumentateur n’est jamais seul dans la mesure où argumenter, c’est se situer, soi, personnellement, dans un débat déjà ouvert ; c’est prendre position par rapport à d’autres thèses déjà énoncées, évaluer les argumentations, et les arguments.
l Quand l’auteur joue avec ces diverses voix, qu’il énonce et répond aux diverses thèses qu’il réfute, on parle de dimension dialogique ou de dialogisme. Ainsi, Diderot pour dénoncer l’esclavage, dans la Contribution à l’Histoire des deux Indes de l’abbé Raynal (1780), fait entendre deux voix, celle d’un « on » qui reprend les arguments habituels des défenseurs de l’esclavage et celle d’un « je » qui contre-argumente.
■ Valeurs, croyances, implicite, présupposés
l Argumenter, c’est aussi s’inscrire dans un système de valeurs autour desquelles l’auteur construit son argumentation, et dans un monde de croyances qui constitue le socle de sa réfl exion. Le système de valeurs est souvent explicité par l’utilisation d’un lexique évaluatif. Quant au monde de croyances, c’est souvent au lecteur de le déceler en analysant l’implicite et les présupposés de tel ou tel énoncé : l’énoncé « Pierre a arrêté de fumer » pose que Pierre ne fume plus, il présuppose qu’il fumait auparavant, et implicitement il peut suggérer qu’il faudrait en faire autant. L’énoncé « Pierre, lui, a arrêté de fumer », devient déjà un reproche et sous-entend : « Mais pas toi, et tu ferais bien d’en faire autant. » _________________ N'hésitez pas à m'envoyer vos suggestions et propositions de programme par mp! |
|  | | Pandore_a Administratrice

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| Sujet: Re: L'argumentation Jeu 1 Mar - 21:55 | |
| Quels sont les différents genres de l’argumentation ?
[…] et il s’épargna la peine de composer un long traité sur le beau. Voltaire, Dictionnaire philosophique, article « Beau, beauté », 1764.
Comment s’épargner la peine de composer un long traité ? Voltaire, dans cette brève réfl exion qui clôt un article de son dictionnaire, oppose deux types d’argumentation : l’argumentation directe, le long traité qui semble connoté par l’ennui (à écrire et à lire), et une autre indirecte qui serait du côté de la brièveté et du plaisir (de l’auteur et du lecteur). Faut-il écrire un essai, un dialogue, ou un apologue ?
1) L’essai
Ce sont ici mes humeurs et mes opinions ; je les donne pour ce qui est en ma croyance, non pour ce qui est à croire ; je ne vise ici qu’à découvrir moimême qui serais autre demain si un nouvel apprentissage me changeait… Montaigne, Essais, 1580.
l L’essai fait partie des cinq genres littéraires que l’on vous apprend à différencier en seconde : il est défi ni comme texte d’idées. En effet, il ne s’agit pas de construire un monde fi ctif, qu’il soit sous forme de récit ou de pièce de théâtre, mais de réfl échir à des thèmes divers en utilisant la prose. La réfl exion est personnelle, c’est-à-dire qu’elle est un « je » qui s’exprime, que l’auteur choisisse une énonciation à la première personne ou qu’il s’efface derrière l’emploi des pronoms « nous » ou « on ».
l Dans l’étude de l’argumentation que l’on mène en classe de première, on a tendance à considérer que tout ce qui n’est ni dialogue ni apologue appartient à l’essai, puisque, dans ce cas, l’argumentation est menée directement, sans aucun truchement. L’essai est alors donné comme l’exemple même du texte argumentatif et on y cherche et retrouve l’arsenal habituel de cette forme de discours : thèse(s), arguments, exemples, connecteurs logiques (voir p. 187). C’est en effet pratique, mais un peu réducteur, et les choses sont malheureusement plus compliquées que cela.
l C’est Montaigne qui le premier emploie ce terme pour intituler ses écrits. Ses Essais (dont la rédaction et les diverses rééditions s’étalent sur une vingtaine d’années, de 1572 à 1592) sont constitués de trois livres, composés respectivement de cinquante-sept, trente-sept et treize chapitres qui se donnent, chacun, un thème de réfl exion. Une écriture très personnelle et apparemment sans souci de remise en ordre est revendiquée par l’auteur : « Mes fantaisies se suivent, mais parfois c’est de loin, et se regardent mais d’une vue oblique. »
l Pour caractériser le genre de l’essai tel qu’il est pratiqué par Montaigne, il faut être attentif au sens du mot lui-même : c’est une « tentative », qui ne se donne pas pour aboutie, qui revendique en quelque sorte un caractère non fi ni, et qui rend compte de l’état actuel d’une pensée que le lecteur est invité à suivre dans ses détours et ses méandres : les différentes défi nitions de son travail que nous propose Montaigne sont claires sur ces points.
l On peut ainsi opposer l’essai selon Montaigne au « traité » et à la dissertation qui, eux, proposent une réfl exion exhaustive et organisée, en vue de démontrer une thèse ; malgré ces différences, ces deux formes sont regroupées elles aussi sous le nom d’essai. Lettre, critique, pamphlet, tout texte développant une argumentation sans passer par la fi ction et qui ne peut être classé dans les quatre genres littéraires que vous connaissez est ainsi placé sous cette même étiquette.
Il est donc relativement difficile de donner une définition de l’essai, d’abord parce que, par nature même, l’essai se veut insaisissable, qu’il peut être long ou très bref, que le « je » peut être très présent (il peut constituer la matière même de l’essai) ou être plus discret, qu’il peut emprunter un registre, un ton plus ou moins sérieux, etc. Ensuite, parce qu’on regroupe sous un même terme générique des formes assez différentes même si elles ont en commun d’utiliser le discours argumentatif. Vous pouvez donc, en effet, opposer l’essai au dialogue et à l’apologue, mais n’en faites pas pour autant et exclusivement une forme sérieuse, scientifi que, ou relevant d’une argumentation rigoureuse. _________________ N'hésitez pas à m'envoyer vos suggestions et propositions de programme par mp!
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|  | | Pandore_a Administratrice

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| Sujet: Re: L'argumentation Jeu 1 Mar - 21:58 | |
| 2) Dialogue
=> Le dialogue, comme forme littéraire, est construit sur le modèle de la conversation, et met en présence deux (ou plus de deux) personnages. Dans le cadre de notre objet d’étude, nous nous intéressons au dialogue d’idées, lieu d’un échange, d’un débat. On distingue différents types de dialogue.
Le dialogue philosophique
l Le dialogue philosophique a une visée essentiellement didactique. Socrate (Ve siècle avant J.C.) refuse les longues démonstrations et pratique le dialogue pour enseigner à ses élèves : le jeu de questions et de réponses entre le maître et le disciple conduit ce dernier à avancer vers la vérité, à la trouver et l’énoncer par lui-même. C’est ce que Socrate appelle la « maïeutique », ce qui signifi e « accouchement ».
l Au XVIIIe siècle, le dialogue philosophique, sous le nom de dialogue ou d’« entretien », devient une forme littéraire très exploitée par les écrivains des Lumières : Fontenelle écrit le Dialogue des morts (1683) et les Entretiens sur la pluralité des mondes (1686). Diderot en écrit de nombreux : par exemple, Entretien d’un philosophe avec la maréchale de***, Entretien avec Dorval sur le Fils naturel. Voltaire et Rousseau font de même.
l Plusieurs raisons expliquent cet engouement : le goût de la conversation et la mode des salons littéraires où l’on expose les idées nouvelles et où l’on en débat ; le souci d’instruire en plaisant et de rendre plus facile d’accès des idées, ou des informations, parfois diffi ciles. Le dialogue sert donc la vulgarisation et la transmission des savoirs.
l Ce type de dialogue suppose deux interlocuteurs de bonne foi, qui font progresser la conversation de manière à exposer dans son entier le problème posé. Il ne s’agit donc pas de polémique comme le rappelle Socrate dans les citations ci-dessus, mais d’un dialogue dialectique (les interrogations réciproques conduisent à trouver une solution) ou didactique (un maître transmet un savoir). Les personnages peuvent être réels ou fi ctifs, mais le dialogue ne retranscrit pas obligatoirement une discussion qui s’est effectivement déroulée : il est un outil d’exposition. Le dialogue philosophique peut emprunter la forme romanesque ou la forme théâtrale, ou encore mêler les deux formes.
Le dialogue théâtral et le dialogue romanesque
l Si le dialogue théâtral et le dialogue romanesque sont identifi ables par leur forme (insertion dans un récit pour l’un, didascalies et réparties pour l’autre), leurs fonctions sont plus diverses que celle du dialogue philosophique, puisqu’ils peuvent être le lieu non seulement d’une démonstration mais aussi de débats, de réfutations, d’oppositions. Le dialogue permet d’opposer des avis contradictoires : la célèbre discussion des Femmes savantes oppose deux soeurs aux avis antagonistes sur le thème du mariage. Il est évident que l’histoire de la littérature et des idées couvre une multitude de dialogues d’idées aux thèmes et formes variés dont il est impossible de rendre compte ici.
l Pour étudier ces types de dialogues, il faut bien repérer le thème, les diverses thèses en présence, et comparer l’argumentation de chacun des interlocuteurs. Il faut aussi identifi er le registre et le type de dialogue (dialectique, didactique, polémique par exemple).
l Pour étudier le dialogue romanesque, il faut être, en plus, attentif à la manière dont sont rapportées les paroles : si le dialogue privilégie le discours direct, il n’en reste pas moins qu’un jeu peut s’instaurer entre les différentes modalités du discours : l’alternance entre discours direct, discours indirect, discours indirect libre, discours narrativisé doit alors être étudiée. Il ne faut pas oublier que le roman épistolaire relève prioritairement de la forme du dialogue.
3) L'apologue
=> L’apologue est défi ni comme un court récit à visée argumentative. Le récit s’organise autour d’animaux, de végétaux, ou d’hommes. Il a sa propre cohérence et peut être lu au premier degré comme un quelconque récit, mais il a un sens second que le lecteur doit déchiffrer. Ce sens est souvent d’ordre moral : l’apologue a donc une visée didactique. La fi gure de l’allégorie est reconnaissable quand une notion abstraite est représentée sous une forme concrète. Il existe différents types d’apologues.
La fable
l Le plus connu est la fable dont La Fontaine donne la défi nition dans la préface de son premier recueil : « L’apologue est composé de deux parties, dont on peut appeler l’une le Corps, l’autre l’Âme. Le Corps est la Fable ; l’Âme, la Moralité. » Le mot « fable » est employé ici dans son sens premier : récit. En termes d’argumentation, on analyse le récit (ou fable proprement dit) comme un exemple argumentatif et la moralité comme la thèse.
l Dans cette même préface, le fabuliste écrit une petite histoire de la fable : « Du temps d’Ésope la fable était contée simplement ; la moralité séparée et toujours en suite. Phèdre est venu, qui ne s’est pas assujetti à cet ordre : il embellit la Narration, et transporte quelquefois la Moralité de la fi n au commencement.»
l La Fontaine reprend souvent les fables, très courtes et en prose, du grec Ésope (VIe siècle avant J.-C.), ainsi que celles du poète latin Phèdre (environ 15-50 av. J.-C.) qui en « embellit la narration » par le choix de la poésie. La Fontaine choisit lui aussi le vers et veut rendre les fables plus plaisantes sans pour autant (et même au contraire !) leur enlever leur caractère didactique. Il applique ainsi le principe que le XVIIe siècle reprend au poète latin Horace, placere et docere (plaire et instruire). Il prend les mêmes libertés que Phèdre quant à la place de la moralité et l’omet parfois quand elle va de soi, ou quand elle nuit à l’harmonie du texte. Dans son second recueil, il s’inspire aussi des fables du sage indien Pilpay.
l Au XXe siècle certains auteurs (Anouilh et Queneau par exemple) s’amusent à la réécriture des fables.
La parabole
l Dans l’Évangile, le Christ délivre son enseignement en passant par des paraboles, récits qui mettent en scène des faits du quotidien mais dont le sens est allégorique. La Fontaine, dans sa préface, rappelle que la parabole est liée au sacré mais, qu’à cette différence près, elle est très proche de l’apologue : « La parabole est-elle autre chose que l’Apologue, c’est-à-dire un exemple fabuleux, et qui s’insinue avec d’autant plus de facilité et d’effet, qu’il est plus commun et plus familier ? » La Fontaine précise bien sûr en même temps sa défi nition de l’apologue, c’est-à-dire, en ce qui le concerne, de la fable.
L’exemplum
l L’exemplum est un petit récit utilisé, au Moyen Âge, par les prêtres et les prédicateurs pour illustrer leurs sermons. Les personnages en sont des animaux. Les exempla (pluriel d’exemplum) peuvent aussi rapporter les paroles et gestes de personnages célèbres.
Le conte philosophique
l Les contes pour enfants ont souvent une portée morale qui indiquent comment se comporter (morale pratique) : Le Petit Chaperon rouge rappelle aux enfants qu’il ne vaut mieux pas parler aux inconnus. Nombre de contes, Cendrillon, Les Fées, la Belle et la Bête montrent (devrait-on dire démontrent ?) que la vraie vertu est dans la simplicité et l’amour vrai, que la vraie beauté est dans le coeur et non dans l’apparence (Riquet à la houppe) et, faute de tous se les rappeler, vos parents vous en ont peut-être raconté de leur propre invention, qui avaient tous un petit aspect moral : il faut faire, penser, ceci ; il ne faut pas faire, penser, cela ! Les contes sont en général assez courts et présentent des personnages suffi samment simples pour que le lecteur décèle tout de suite leur sens. C’est à partir du conte, parce que justement il est simplifi cateur, qu’on a établi ce que vous connaissez peut-être sous le nom de schéma actanciel : un héros part à la conquête d’un objet ; dans cette quête il rencontre des adjuvants et des opposants. Souvent sa quête prend son départ dans la demande du roi (le destinataire) qui le récompense en cas de succès (il devient le destinateur). Le conte, récit en raccourci, est idéal pour mettre en valeur le schéma narratif. Son registre est le merveilleux.
l Le conte philosophique est associé au nom de Voltaire. Il semble indispensable, pour bien comprendre notre objet d’étude, d’avoir lu au moins un de ses contes, que ce soit Candide, Zadig, ou L’Ingénu, par exemple. Vous y retrouverez toutes les caractéristiques du conte, souvent tournées en dérision d’ailleurs. Mais loin de se contenter d’illustrer une situation du quotidien ou un aspect de la vie individuelle et sociale, le conte philosophique a d’autres ambitions : il développe, en passant par le récit, des idées qui pourraient aussi bien faire l’objet d’un essai philosophique. Candide propose une réfl exion sur l’optimisme et constitue en fait une sorte de réponse au philosophe Leibniz. De plus, la trame narrative est prétexte à passer en revue les grands thèmes sur lesquels porte la réfl exion des philosophes des Lumières : fanatisme, intolérance, monarchie, esclavage, religion….
l Le conte philosophique est donc un apologue dans le sens où il s’agit bien d’un court récit à valeur argumentative, mais il s’en distingue aussi dans la mesure où son but n’est pas toujours de délivrer une moralité. Il est vrai que Candide se termine par une moralité, « il faut cultiver notre jardin », mais cette moralité est encore une métaphore qui demande à être réinterprétée.
L’utopie
l On reconnaît le nom grec topos qui signifi e « lieu ». Le préfi xe « u » peut renvoyer à deux préfi xes grecs : le préfi xe privatif ou, dans ce cas « utopie » désigne un non-lieu, ou le préfi xe eu et, dans ce cas, le mot désigne un lieu heureux. L’association des deux sens permet de défi nir ainsi l’utopie comme un monde idéal et heureux dans un non-lieu, c’est-à-dire qui ne saurait exister. L’utopie est un récit qui suit des règles précises. Son action se situe dans un lieu clos sur lui-même et isolé du monde, souvent une île ou un lieu inaccessible (les montagnes où se cache l’Eldorado de Candide). Cette clôture du lieu permet de mettre en scène un monde autonome qui, privé du contact avec notre monde, a développé sa propre organisation, ses propres valeurs et ses propres règles. L’utopie donne donc à voir un monde miniature, comme dans une bulle, qui mime le monde réel mais avec une différence fondamentale : il inverse nos règles pour mieux en démontrer l’inanité. L’utopie présente un double visage : elle propose et expérimente un monde meilleur, mais dans le miroir qu’elle tend, le lecteur y voit aussi la critique de son propre monde. Sa fonction est donc avant tout critique.
l Même si des utopies ont été écrites avant le XVIe siècle, on peut dire que c’est Thomas More qui fonde le genre en écrivant, en 1516, L’Utopie. Du XVIe au XVIIIe siècle, les écrivains (Rabelais, Montesquieu, Voltaire…) qui pratiquent l’utopie tendent à démontrer qu’il peut exister une organisation sociale autre, bénéfi que à l’homme et dont celui-ci ferait bien de s’inspirer s’il veut réformer son propre monde. Le passage par le littéraire permet ainsi une réflexion philosophique et politique.
La contre-utopie
l Au XXe siècle, avec des auteurs comme Orwell et Huxley, l’utopie se fait contre-utopie dans le sens où, gardant les mêmes caractéristiques narratives, le monde qui est représenté devient un monde totalitaire : un petit groupe d’hommes impose sa loi à la masse, ou bien des principes appliqués rigoureusement jusqu’à l’absurde en arrivent à priver l’individu de toute liberté. Les auteurs passent alors par la fi ction pour démontrer au lecteur le danger de tout régime totalitaire qui réduit à néant la liberté individuelle et se veut mise en garde ou dénonciation de régimes existants. La science-fi ction s’empare aussi de ce modèle.
L’apologue est un terme pratique pour désigner différents récits à visée argumentative, mais ce terme, dans son sens premier, ne désignait que la fable, porteuse d’une moralité. Il faut donc savoir nuancer les analyses et ne pas confondre « morale » et « sens » : la fable et l’apologue délivrent, de manière plus ou moins explicite, une moralité ou morale ; le conte philosophique, l’utopie, ne délivrent, pas forcément de morale, mais demandent une lecture au second degré pour bien en comprendre le sens. _________________ N'hésitez pas à m'envoyer vos suggestions et propositions de programme par mp!
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|  | | Pandore_a Administratrice

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| Sujet: Re: L'argumentation Jeu 1 Mar - 21:59 | |
| Quels sont les genres de l’argumentation directe et de l’argumentation indirecte ?
l Plus que tout autre, c’est le choix de l’énonciation qui semble un critère décisif pour distinguer les deux types d’argumentation. Dans un cas la parole est prise en charge par l’auteur, c’est l’essai ; dans l’autre cas, la parole est déléguée à un narrateur et à des personnages, c’est le cas du récit et du passage par la fiction, l’apologue.
l Mais attention, il semble qu’il faille toujours nuancer : où situer le dialogue ? Il est lui-même argumentation directe puisqu’il s’agit en général d’un débat et d’un échange d’arguments mais il s’inscrit, quand il est dialogue de théâtre et dialogue romanesque, dans le cadre plus large d’une fi ction, donc d’une argumentation indirecte. Quant au dialogue philosophique, si l’un des deux personnages au moins renvoie à une personne réelle, en général l’auteur, on pourrait penser qu’il appartient à part entière à l’argumentation directe, mais comme la situation rapportée est tout de même une situation fi ctive, le classement reste ambigu, et c’est sans doute cette ambiguïté qui fait du dialogue philosophique un genre littéraire à part entière.
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|  | | Pandore_a Administratrice

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| |  | | Pandore_a Administratrice

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| Sujet: Re: L'argumentation Jeu 1 Mar - 22:00 | |
| Dialogue argumentatif
Dans un dialogue argumentatif, il faut mettre en présence deux thèses qui s'opposent. Il va donc faloir pocéderen deux temps: identifier dans un premier temps les deux thèses en développant l'argumentation puis ensuite se plier aux éxigeances du dialogue.
I. Recherche sur l'argumentation:
On procedera pour chaque thèse de la manière suivante:
Introduction partielle (thèse+présentation des arguments)
- *Argument n°1 + explication + justification + exemple
- *Argument n°2 + explication + justification + exemple
- *Argument n°3 + explication + justification + exemple
Conclusion partielle (bilan)
(* = connecteurs logiques)
On introduira d'une manière générale les différentes thèses en présence, tout comme on fera une conclusion générale.
II. Le dialogue:
Il faudra reprendre l'introduction générale en présentant rapidement la situation et les personnages qui vont défendre les différentes thèses. Ensuite on alternera de la manière suivante les arguments:
- Argument n°1 + réponse argument n°1
- Argument n°a + réponse argument n°a
- Argument n°2 + réponse argument n°2
- Argument n°b + réponse argument n°b
- Argument n°3 + réponse argument n°3
- Argument n°c + réponse argument n°c
Il n'est pas interdit de faires preuve d'intelligence et de répondre par l'argument n°b à l'argument n°1 si il est plus pertinant que l'argument n°a.
On procédera ensuite à la mise en forme de rendre vivant ce dialogue, à savoir:
- emploi des guillemets
- emploi de tirets
- emploi de verbes introducteurs vaiés
- emploi de ponctuation
- emploi d'interjections
- emploi didascalies (théâtral)
- faire vivre par la narration les personnages
- terminer par une conclusion (soir l'un a convaincu l'autre, soir ils repartent sur les mêmes principes) qui souligne l'évolution de la situation après l'échange d'arguments.
http://www.intellego.fr/soutien-scolaire-2nde/aide-scolaire-Francais/Le-dialogue-argumentatif/4557 _________________ N'hésitez pas à m'envoyer vos suggestions et propositions de programme par mp! |
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