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« D’où le projet de travailler
en partant de la musique du texte. Les mouvements dans l’espace, les actions sur la scène chercheront à se mettre en tension sur la structure musicale, à la renforcer, à l’amplifier.
Autrement dit, éviter à tout prix qu’il y ait deux récits : le récit émanant de la parole d’une part, le récit que raconteraient les mouvements et actions dans l’espace, d’autre part. Le discours que reçoit l’oreille et qu’enregistre l’œil. »
Michel Vinaver
Ecrits sur le théâtre 2, « Théâtre pour l’œil, Théâtre pour l’oreille. » 1983.
analyse du sujet
D’où le projet de travailler en partant de la musique du texte c’est un propos de praticien. Cela touche à la mise en scène. Pourquoi mettre en italique « en partant » ?
vinaver insiste sur le fait qu’il s’agit de NE PAS travailler la muysique du texte mais de PARTIR, de COMMENCER à partir de la musique du texte.
Il y a donc l’idée d’une hierarcheie qui ne correspons pas nécessairement à une théorie théatrale.
C’est une proposition PRATIQUE.
Dans cette phrase les sujets et les actions ne sont pas des acteurs humains.
Dans ce sujet nous constatons la présence de phrases nominales et d’impératifs , et l’absence d’un « je ».
C’est une façon de fixer un programme de travail qui soit à la fois contraignant et à la fois qui n’impose pas qqch à qqn.
C’est un PROJET.
Les mouvements dans l’espace,La mise en scène est apparue XIXème , début XXème siècle à parir d’une réflaxion sur l’espace théatral.
de la musique du texte // sur la structure musicaleon peut partir du principe que si il y a « structure musicale », Vinaver ne veut pas faire de répétion et parle tjrs du texte.
Il faut cependant souligner qu’ici il est question de STRUCTURE.
De plus l’élision du mot « texte » indique la prééminence de la « musique » sur le « texte ».
Un texte c’est donc une « musique », une « structure musicale ».
Les mouvements dans l’espace, les actions sur la scèneLes acteurs en tant que corps les actions sont considérés comme des mouvements.
La virgule entre ces deux mentions symbolise l’abstraction : le texte devient musique, les actions deviennent mouvements.
!!!! Cela nous renvoie à la DANSE !!!!
se mettre en tension surNormalement c’est « se mettre en tension AVEC »
Cette utilisation de « sur » est en accord avec les verbes renforcer et amplifier.
La tension c’est se poser en s’opposant.
L’opposition est ici NEUTRALISEE, il n’y a plus d’idée d’opposition, mais d’AJOUT (renforcer et amplifier).
éviter à tout prix qu’il y ait deux récits
« deux récits » qui sont aussi « deux discours » !
cela renvoie à la distinction
récit émanant de la parole /// récit que raconteraient les mouvements c’est la « musique du texte » le conditionel sert à indiquer ce qui se passerait si = la structure musicale il y avait deux récits.
Le discours que reçoit l’oreille et qu’enregistre l’œil
On peut supposer :
1. l’oreille reçoit des sons
2. 2. l’œil comme le sens le plus intelectuel , celui qui serait capable de retenir, d’analyser, d’enregistrer.
Proposition extraite du sujet : Il faut sur scène un seul discours dans lequel ce qu’enregistre l’œil vienne renforcer ce que reçoit l’oreille.
Questions que pose cette proposition :Un seul discours ? mais qu’es ce qui est discours ? la partie du discours qui est pour l’œil est elle un discours , un ensemble de significations qui se dévellopent pendant une certaine durée ?
Le discours pour l’oreille est il la « structure musicale » ? est il la « musique du texte » ? est il le « récit émanant de la parole » ?
Toutes ces tournures, mots, expressions manquent en effet volontairement de précision.
« le récit émanant de la parole » ?
c’est qqch qui est raconté par des personnages qui se parlet, par des acteurs interprétant des personnages qui se parlent.
« la musique du texte » ?
c’est à la fois ce récit , mais aussi la musique émanant de ce récit : cf. la prosodie classique et les versets claudeliens qui travaillent sur le rythme particulier des phrases et sur la diction ( pose de la voix, modulations de la voix) par l’acteur.
!!!!!!!!!!! l’expression « autrement dit » annonce que l’on dit la même chose a priori alors qu’en fait on dit tout à fait autre chose !!!!!!
Si nous admettons que « musique du texte », c’est dire autrement « récit émanant de la parole », est il alors encore fondé de parler de discours ?
La « structure musicale » intègre à la fois le texte et d’autres éléments. Est-ce que la « structure musicale est encore du discours ?
Plan proposé :
I. le discours sur la scène. Méthodologie : développer, illustrer la citation. Il faut EXPLIQUER avec asseez de conviction pour entraîner l’adhésion de l’interlocuteur. Déployer la citation tout du long du I. Revenir à la citation en transition.
1
. le discours de la parole narrativité globale
récits sur scène dans certaines pièces
la parole théatrale comme rencontre d’une voix d’acteur et d’un discours le plus souvent écrit.
2.
le discours : des mouvements et des actions • Il n’y a discours, mouvements et actions, selon Vinaver que parce que les actions sont reliées (éventuellement subordonnées) à un discours linguistique qui se dévellope à parir du discours linguistique proposé par le texte.
3.
« Partant de la musique du texte ».• privilège accordé au texte comme muqieu ( sonorités, rythmes, rapport entre rythme et sonorité)
• notion de spectacle total (lumière , son, décor)
TRANSITION
Récapituler puis « on risque d’arriver à 2 discours ou à la prééminence de l’un sur l’autre. »
Méthodologie : développer, illustrer ce qu’on peut opposer à la citation.
II. la mise en espace ou le privilège du visuel
1. les illusions et le décor• pièces à machines du XVIIème siècle.
• La représentation théatrale comme un « beau tableau de peinture ».
2.
• le triomphe de la lumière ( mise en scène de l’illusion comique)
• utilisation de la vidéo des mouvements qui peuvent être projetés derrière les acteurs.
• Architecture qui crée un lieu, un espace monumental.
Méthodologie : Il faut « dépasser » la citation mais il faut aussi rester impr&éativement dans l’axe de la citation !
III. la question de la mise en scène d’un texte
1. partir du sens du texte interprétation minutieuse du texte
réflexion sur la fonction politique d’un texte : par ex. monter Tartuffe en plein troubles religieux invite à faire une interprétation du texte à partir du contexte mais non pas sur la muqiue du texte.
2. construire un spectacle intelligible.
ADDENDAS : pour nourrir la réflexion.André Antoine « l’inventeur de la mise en scène » écrit en avril 1903 dans un aricle intitulé « causeries sur la mise en scène » :
Les mauvais acteurs du passé : « ils n’ont à leur service pour traduire l’individu qu’ils représentent que deux instruments : la voix et le visage ; le reste du corps ne participent pas à l’action. » ce sont des acteurs qui ont appris à jouer figés sans bouger un muscle.
Les bons acteurs :
Ils savent utiliser le mouvement comme moyen d’expression, chaque scène , toute l’œuvre devient mouvement.
Antoine les désignent comme les « interprètes merveilleux de la littérature contemporaine », car ils savent que « le mouvement est le moyen d’expression le plus intense de l’acteur ; que toute leur personne physique fait parti du personnage qu’ils représentent, et qu’à certains moments de l’action, leurs mains , leur dos, leurs pieds peuvent être plus éloquents qu’une tirade. »
C’est le mouvement du corps de l’acteur qui est son moyen d’expression le plus éloquent. Antoine ne part ni du texte, ni de la musique du texte mais il part du mouvement des acteurs.
Christian BIET et Christophe TRIAU Qu’est ce que le théatre ? édition folio essai n°467.
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D’ailleurs que les autres arts en général peuvent aussi s'éloigner du réalisme, souhaite s'affranchir de l'illusion du réel et de la mimésis traditionnel pour faire de son espace un espace esthétique part entière. « Théâtre d'Art », « art du théâtre », idée de la scène comme lieu qui pourrait être ce d'une synthèse des différents arts, dans la filiation de l'idée wagnérienne de la Gesamtkunstwerk (oeuvre d'art totale). Car l'entreprise de Wagner, avec représentation de ses drames lyriques dans le Fespielhaus qu'il s'est fait construire á Bayreuth, a marqué les artistes européens. C'est Wagner qui le premier, en 1876, plonge la salle dans le noir pendant la représentation, c'est lui qui joue, de manière virtuose pour la technique du temps, sur les lumières scéniques et leurs variations, c'est lui enfin qui se propose d'unir tous les arts de la scène Si, dans la pratique, il reste absolument dans le cadre d'une perspective illusionniste, son affirmation de l'auto-nomie de la scéne comme lieu de l'art le plus idéal et le plus expressif, est déterminante, et plus en-core, sans doute, sa conception d'un art qui unirait la poétique, la musique, la mimique, l'architecture et la peinture. C'est ainsi, en reprenant et critiquant Wagner, que les praticiens et théoriciens suisse et anglais Adolphe Appia et Edward Gordon Craig élaborent leurs propres visions de la scène théâtrale, qui auront un grand retentissement dans l'Europe du début du siècle. C'est par exemple á partir du cas de la mise en scène d'opéra qu'Appia, musicien de formation, en arrive á créer ses « espaces rythmiques », dans un rejet radical des toiles peintes et des surfaces planes. Qu'Appia ait régulièrement collaboré avec $mile Jaques-Dalcroze, l'inventeur de la « rythmique» appliquée au corps humain, et á celui de l'acteur en particulier, est révélateur et essentiel :
Évolution des lieux et des espaces 247
.e rythme est bien fondamental dans sa conception de l'espace, lié á la présence vivante centrale de l'acteur, autour de laquelle devra se concevoir cet espace. La scène doit être plastique et dynamique, quitter le cadre de la seule image en deux dimensions qu'implique la scène á l'italienne, pour s'organiser vraiment en trois dimensions, en volumes escaliers, lignes horizontales et verticales, plans inclinés et surélevés abondent dans ses dessins de scénographie), éclairés par une lumière (que l'électricité permet désormais de travailler plus précisément) qui doit elle-même être mobile et expressive de sentiments - une lumière, en un mot, musicale. Animer un véritable espace, autour du corps dynamique de l'acteur, dans un jeu sensible de formes stylisées et rythmiques, telle sera la démarche scénographique (réelle, un peu, et virtuelle, dans de nombreuses esquisses) d'Appia, jusqu une logique d'épure qui pourra s'approcher de l'abstraction géométrique, pour une scène alors infiniment disponible aux gestes, aux mouvements, aux lumières et aux sons. Le théâtre sera également pour Craig une scène stylisée pour un art de l'espace, des formes et des lignes, des lumières et du mouvement. Pratiquant de manière presque dévote, en tout cas zélée, l'art du sacré et de l'invisible, il cherche á retrouver, selon Monique Borie7, « un art du théâtre antérieur á la dégradation que constitue pour Craig l'image mimétique ». Le réalisme (et plus encore sa variante naturaliste) est donc l'ennemi. Dans un passage de son ouvrage de 1905, L'Art du théâtre, ce sont les « aveugles » qui l'encensent, alors que les « voyants » encensent la « Beauté » : « le but du théâtre considéré comme un Tout est de rétablir son Art, car l'art du théâtre n'a rien á voir avec la représentation du réel ». Un « Tout », cela ne veut pas dire qu'il est une
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Simple interface entre les autres arts (c'est sa nature propre qu'il a á affirmer), mais cela implique au contraire qu'il combine plusieurs constituants pour être caractérisé par une unité essentielle (« l'unité essentielle á toute oeuvre d'art »). De là naît la nécessité d'un metteur en scène, concepteur surcroît et créateur (absolu) garant de cette unité. C'est encore le modèle musical (acteur á l'origine, Craig commença la mise en scène par des ivres lyriques) qui va être prégnant chez Craig, tout autant que le modèle plastique de la peinture et surtout de la sculpture, et, peut-être plus encore, le modèle de la danse (Craig fut fasciné par Isadora Duncan). Dans un dialogue de L'Art du théâtre, le « régisseur » affirme á l'« amateur de théâtre » que le « père du dramaturge » fut, non pas le poète dramatique, mais le « danseur ». « Et au lieu de se servir de mots seulement á la manière du poète lyrique, le dramaturge~ forgea sa première pièce á l'aide du geste, des mot, de la ligne, de la couleur et du rythme en s'adressant en mime temps á nos yeux et á nos oreilles par un jeu adroit des cinq facteurs. » Il s'agit donc d, faire apparaître des forces, de transformer l'art cd l'acteur et l'art de la scène en proposant que de> « sur-marionnettes» (les acteurs, aux mains du mctteur en scène, certes, mais surtout renvoyant ainsi aux statues archaïques, tendus vers le sacré ; entre l'organique et l'inorganique, comme le sont les masques) évoluent sur une « cinquième scène » (aprés celles du théâtre antique, du théâtre médiéval, de la commedia dell'arte, et celle du théâtre pictural á l'italienne), une scène « architectonique », une scène unique mais faite de panneaux ou de paravents sans motifs picturaux, articulés et spécifiquement éclairés, pouvant évoluer á vue pour la transformer (« Cent scènes en une » !). Un espace plastique et rythmi-